Air France: les syndicats mandatent un cabinet d’experts sur la stratégie

PARIS, 19 novembre 2015 (AFP) – Les élus du comité central d’entreprise d’Air France ont voté jeudi « à l’unanimité » pour le lancement d’une expertise portant sur la stratégie de la compagnie en matière industrielle et d’emploi, a-t-on appris de sources syndicales.

La direction a également annoncé jeudi « 900 millions d’euros d’investissements en 2016 », a indiqué à l’AFP Jérôme Beaurain, délégué SUD.

La compagnie va notamment investir dans le numérique, la maintenance, la modernisation des cabines long-courrier, a précisé une source proche d’Air France.

L’expertise confiée au cabinet Secafi « a été votée à l’unanimité des élus » présents, dans le cadre de la procédure du droit d’alerte engagée en octobre, a indiqué à l’AFP Didier Fauverte, secrétaire (CGT) du CCE. L’information a été confirmée par la CFDT.

Faute d’accord avec les syndicats de navigants sur une nouvelle hausse de productivité, la direction a opté pour un « plan B » entraînant un millier de postes supprimés en 2016. Elle espère revenir en 2017 au plan initial de développement, « Perform 2020 », à condition de parvenir à un accord d’ici février.

Sur deux ans, la restructuration prévoit une réduction de 10% de l’offre long-courrier et la suppression de 3.000 postes, avec des licenciements probables.

L’expertise porte sur la mise en oeuvre de Perform, « selon la signature ou pas des accords » avec les syndicats, a résumé Didier Fauverte.

La direction sera amenée à préciser ses arguments pour chaque scénario (plan A et plan B), mais aussi ses « projets de réorganisation et de productivité », notamment dans les escales, ou encore l’évolution de la sous-traitance, a-t-il expliqué.

Le plan B « ne permettra pas d’apporter le renforcement de compétitivité dont Air France a besoin pour résister sereinement à la concurrence et pouvoir investir et se développer », au contraire, il va « renforcer la spirale de récession dans laquelle s’est engagée l’entreprise », redoutent les élus du CCE dans une délibération consultée par l’AFP.

Le rapport du cabinet d’experts sera transmis au « conseil d’administration à la session du mois de janvier », selon ce texte.

Le CCE se réunira à nouveau le 4 décembre, deux jours après le procès de cinq salariés d’Air France suspectés d’avoir commis des violences début octobre au siège de la compagnie. Quatre d’entre eux ont déjà été licenciés pour « faute lourde ».

Une journée de mobilisation, prévue initialement jeudi, a été annulée en raison des attentats de Paris et Saint-Denis. La CGT et FO notamment ont maintenu des appels à la grève au sol, sans entraîner de perturbations.

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