Air France renonce à lancer une étude sur la filialisation de sa maintenance

PARIS, 12 décembre 2016 (AFP) – Air France renonce au lancement d’une étude sur la filialisation de son activité maintenance, devant la levée de bouclier en interne, d’après un courrier de la direction aux organisations salariales, consulté lundi par l’AFP.

Dans une lettre datée du 11 décembre, le nouveau directeur général d’Air France, Franck Terner, indique que « l’étude d’une éventuelle filialisation ne sera pas lancée », la direction prenant acte de la « forte émotion » et de l' »inquiétude » du personnel.

Cette annonce intervient alors qu’une large intersyndicale (SUD-Aérien, CGT, FO, Unsa, CFDT) appelle les salariés à la grève jeudi contre la filialisation, avec des rassemblements prévus aux aéroports parisiens d’Orly et Roissy, ainsi qu’à Toulouse.

Une séance du comité central d’entreprise (CCE) prévue ce même jour avait d’ores et déjà été déplacée de Roissy vers Paris, pour éviter tout débordement.

Dans son courrier, M. Terner explique que l’étude qui devait être prochainement lancée « ne visait ni à préparer une vente de l’activité ni à modifier les conditions d’emploi des personnels », contrairement aux craintes exprimées par les syndicats.

Le directeur général d’Air France, ancien patron de l’activité maintenance du groupe, évoque « un malentendu sur les objectifs poursuivis, et pour certains un sentiment d’exclusion qui va à l’inverse de l’esprit de Trust Together (la confiance ensemble, NDLR) », le plan stratégique dévoilé début novembre par le PDG d’Air France-KLM Jean-Marc Janaillac.

Il affirme cependant que « le statu quo n’est pas une option » pour la maintenance d’AF-KLM, numéro deux mondial du secteur derrière l’allemand Lufthansa.

Les partenaires sociaux se rencontreront début 2017 pour évoquer l’avenir.

« L’étude est abandonnée mais pas le projet en tant que tel », a réagi auprès de l’AFP Mehdi Kemoune de la CGT Air France, dénonçant « avant tout de la com’ face au mécontentement des salariés ».

Les syndicats redoutaient à terme une vente de la maintenance et la perte du statut Air France pour le personnel.

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