Air France: résultats de la consultation sur les salaires le 4 mai

PARIS, 24 avril 2018 (AFP) – Les résultats de la consultation lancée par la direction d’Air France auprès des salariés sur sa proposition d’augmentation salariale, rejetée par l’intersyndicale qui appelle « sans ambiguïté à voter non », seront connus le vendredi 4 mai au soir, a-t-elle indiqué mardi.

Cette consultation, annoncée vendredi par le président d’Air France, Jean-Marc Janaillac, qui a mis sa démission dans la balance, doit commencer jeudi alors que la compagnie aérienne connaît mardi son onzième jour de grève en deux mois.

La question posée aux salariés sera: « Pour permettre une issue positive au conflit en cours, êtes-vous favorable à l’accord salarial proposé le 16 avril 2018? ».

La direction propose une augmentation immédiate de 2%, puis 5% supplémentaires étalés sur trois ans mais les représentants des salariés réclament 5,1% dès cette année.

Le vote électronique, « anonyme » et « sans implication juridique », débutera jeudi à 10H00 et s’achèvera vendredi 4 mai à 18H00. Son résultat sera communiqué le jour même « en fin de scrutin ».

M. Janaillac a prévenu qu’en cas de résultat « négatif », il ne voyait « pas comment (il) pourrait rester » à son poste.

« Ce chantage à la démission alors qu’il ne s’est jamais investi dans les négociations ne répond à aucune logique », a affirmé mardi dans un tract l’intersyndicale à l’origine de la grève.

Pour les neuf syndicats signataires du tract (le Spaf ne s’y est pas associé), « il s’agit de jouer sur la peur des salariés pour influencer leur décision et affaiblir notre mouvement », mais « cette manoeuvre n’altère pas la détermination des organisations syndicales et doit renforcer la vôtre ».

L’intersyndicale, qui « appelle sans ambiguïté à voter NON », doit se réunir jeudi pour annoncer de nouvelles dates de grève en mai.

« L’issue positive et rapide du conflit (que nous appelons de nos voeux) ne dépend pas de cette consultation, mais d’un accord négocié », écrit-elle encore.

Pour Jérôme Beaurain de SUD-Aérien, la consultation ne « met fin à rien du tout, même si le +oui+ l’emporte ». C’est un « coup de bluff » de M. Janaillac qui sert « juste à casser la légitimité de l’intersyndicale ».

Le Spaf, deuxième syndicat de pilotes à Air France, n’a pas signé le tract car il penche plutôt pour un « boycott » de la consultation, et non un appel à voter « non ».

Dans son communiqué, la compagnie a estimé « l’impact financier global » des onze jours de grève à « 300 millions d’euros ».

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