Air France: un projet d’accord soumis aux navigants jusqu’au 15 mars

PARIS, 1 mars 2017 (AFP) – La direction d’Air France a transmis mercredi aux syndicats d’hôtesses et stewards (PNC) un projet d’accord collectif pour réorganiser le travail et les carrières, ouvert à signature jusqu’au 15 mars, a-t-on appris de sources concordantes.

L’actuel accord, prolongé fin octobre après l’échec de négociations précédentes, arrivait à échéance mardi à minuit.

Alors que la renégociation des conditions d’emploi des navigants avait été au coeur d’une grève de sept jours l’été dernier, une nouvelle grève se profile: une intersyndicale se réunira jeudi à 16h00 pour décider d’un éventuel « dépôt de préavis de grève », a annoncé à l’AFP Christophe Pillet, porte-parole du SNPNC, l’un des trois syndicats représentatifs.

Cette intersyndicale, hostile au projet d’accord comme au projet de nouvelle compagnie à coûts réduits (« Boost »), comprend tous les syndicats hormis l’Unac, soit le SNPNC, l’Unsa et les six organisations non représentatives, a-t-il précisé.

« Pour nous, le compte n’y est pas. L’intersyndicale ne signera pas ce qui nous est soumis », a commenté le porte-parole du SNPNC en évoquant des règles « dégradées ». Il précise que l’accord proposé s’appliquerait pendant 4 ans.

Dans une communication envoyée aux navigants mercredi, la direction affirme que plusieurs points restent « inchangés », comme « le mode de calcul de la rémunération et les évolutions » de carrières, sauf pour les futurs embauchés qui « verront sur leurs 3 premières années un ralentissement des évolutions d’échelons »; le nombre de jours de congés annuels; les compositions d’équipages.

Du côté des mesures visant à « gagner en souplesse opérationnelle » figurent notamment des temps de rotations raccourcis de 48H à 24H sur plusieurs escales et une refonte du dispositif de « réserve » des personnels.

Selon le porte-parole du SNPNC, les règles actuelles sont prorogées jusqu’au 30 avril. Il demande à la direction « d’utiliser ces deux mois pour écouter les demandes syndicales ».

Pour gagner en « souplesse » et « en lieu et place d’une nouvelle compagnie », le SNPNC et l’Unsa ont notamment proposé un groupe « mixte » de stewards et hôtesses, volontaires pour naviguer en moyen ou long-courrier. Ils réclament aussi des embauches, ce qui « ferait baisser les coûts mathématiquement ».

Les deux syndicats avaient boycotté les négociations dans la dernière ligne droite.

Pour sa part, l’Unac, qui a négocié jusqu’à lundi soir, a indiqué à l’AFP qu’elle prendrait le temps de consulter ses instances.

A la réouverture des négociations en décembre, Air France avait demandé aux navigants 7,5% de gains de productivité sur cinq ans, un chiffrage contesté par les syndicats, qui avaient alors pointé une augmentation des cadences.

Sous le plan de restructuration « Transform » (2012-2015), le personnel de cabine a réalisé un effort de productivité de 20%.

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