Air France: une large intersyndicale demande à être reçue par le gouvernement

PARIS, 22 juin 2020 (AFP) – Quatorze syndicats de la compagnie aérienne Air France ont publié lundi une lettre commune dans laquelle ils demandent à être reçus par le gouvernement pour préserver les emplois « à court et long terme ».

Cette lettre ouverte adressée au ministre de l’Économie et au secrétaire d’État aux Transports est signée par FO, premier syndicat de la compagnie, mais aussi par l’Unsa Aérien, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT, Sud-Aérien, par les syndicats d’hôtesses et stewards (SNGAF, UNPNC, SNPNC, Unac et Unsa-PNC) et par les syndicats de pilotes Spaf et Alter. Le SNPL, syndicat de pilotes majoritaire chez Air France, n’est pas signataire.

« Nous (…) voulons vous faire part de nos inquiétudes concernant les conséquences de la crise sanitaire que vient de traverser notre pays » et « partager avec vous les solutions qui nous semblent les plus pertinentes pour préserver notre outil industriel et ses emplois à court et long terme », écrivent ces organisations syndicales.

Face à un secteur du transport aérien mis à l’arrêt par l’épidémie de Covid-19, l’État a accordé à Air France un soutien financier de 7 milliards d’euros, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90% par l’État et 3 milliards de prêt direct.

Le gouvernement a demandé en contrepartie au groupe d’améliorer sa rentabilité et son impact environnemental, et d’entamer une réflexion sur son réseau en France.

La direction d’Air France dévoilera le 3 juillet les orientations stratégiques de la compagnie et ses conséquences sur l’emploi lors d’un Comité social et économique central extraordinaire. Les syndicats s’attendent à la suppression de plusieurs milliers d’emploi au sein de la compagnie tricolore et de sa filiale régionale Hop!.

« Concernant le prêt d’actionnaire que vous nous avez octroyé, il nous apparaît déterminant que celui-ci puisse être au service de la stabilité de notre structure financière et non à son détriment par des contreparties bien trop contraignantes », soulignent les syndicats, jugeant « tout aussi déterminant qu’il ne puisse être invoqué à l’appui d’une destruction massive d’emplois ».

« À intervalle régulier, depuis la crise financière de 2008, le corps social s’est trouvé malmené », le groupe Air France ayant supprimé « environ 15.000 postes dans cet intervalle », rappellent-ils, déplorant que « l’activité du secteur aérien, et ses emplois, se (soient) trouvés cannibalisés par des compagnies utilisant le dumping fiscal et social quand elles ne jouissent pas directement de subventions ».

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