Air France va avoir recours au chômage partiel pendant 6 mois maximum

PARIS, 16 mars 2020 (AFP) – La compagnie aérienne Air France va mettre en place un dispositif de chômage partiel pour l’ensemble de ses salariés pour une période de six mois maximum, mesure qui affectera en moyenne 50% du temps de travail, a appris lundi l’AFP de sources concordantes.

« Air France demandera une autorisation de recours au dispositif pour une période de six mois, pour l’ensemble des personnels jusqu’à hauteur de 50% du temps de travail en moyenne sur les six mois considérés », ont indiqué à l’AFP deux sources syndicales.

Cette annonce a été faite aux organisations syndicales lors d’un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire qui s’est tenu lundi matin à Roissy.

Interrogée par l’AFP, la direction a confirmé ces informations. « Face à l’ampleur de la baisse d’activité liée à la crise du Covid-19, la direction d’Air France a présenté (…) le principe du recours à l’activité partielle » afin de « préserver la trésorerie dont l’entreprise a besoin durant cette période de crise et de s’adapter temporairement à la baisse d’activité ».

Sa mise en oeuvre « devrait démarrer dès le lundi 23 mars, a priori sur un taux de 80%, selon des calendriers et des taux de recours à l’activité partielle qui seront présentés aux CSE d’établissement dès vendredi 20 mars », a précisé la compagnie.

Le groupe Air France-KLM avait annoncé dans la matinée une réduction de son activité de 70% à 90% lors des deux prochains mois au moins.

« Le maintien de rémunération pour les plus bas salaires doit être (la) priorité », a réagi SUD-Aérien dans un communiqué. « Les rotations de mise en chômage partiel doivent privilégier ceux dont les revenus sont les plus faibles, afin d’éviter des pertes trop importantes », estime le syndicat.

Le chômage partiel indemnise le salarié à hauteur de 70% du salaire brut et 84% du salaire net. Le gouvernement a récemment annoncé que l’Etat prendrait en charge intégralement le chômage partiel demandé par les entreprises pénalisées par la propagation du nouveau coronavirus, alors qu’il n’est habituellement pris en charge par l’Etat qu’à hauteur du Smic.

« L’essentiel pour l’instant est de traverser la zone de fortes turbulences », a relevé dans un communiqué FO Air France, en appelant à « tenir bon et résister ».

« Nous sommes confiants, nous reprendrons les airs dès que ce sera possible », a affirmé à l’AFP Olivier Lavielle, du syndicat d’hôtesses et stewards SNGAF, en précisant que l’activité était déjà réduite au sein de la compagnie.

« Les salariés ont bien compris le principe de l’activité réduite, tout le monde est prêt à prendre sa part de responsabilité », « il n’y a pas de panique particulière », assure-t-il.

« Les pilotes d’Air France et de Transavia France s’inscrivent dans une démarche volontairement optimiste », a également souligné dans un communiqué Guillaume Gestas, président du syndicat de pilotes SNPL des deux compagnies.

Air France emploie environ 45.000 personnes. La compagnie néerlandaise KLM, avec laquelle elle a fusionné en 2004, a annoncé vendredi qu’elle allait supprimer jusqu’à 2.000 emplois (sur 33.000) et réduire le temps de travail de son personnel pour faire face à l’impact de la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus.

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