Airbus: des syndicats espagnols dénoncent la reprise de la production

MADRID, 25 mars 2020 (AFP) – Des syndicats d’Airbus en Espagne ont critiqué vivement la reprise de la production ordonnée lundi par l’entreprise en l’estimant incompatible avec la santé des salariés, alors que 138 cas de coronavirus ont été détectés par la direction.

Le syndicat minoritaire CGT a lancé mercredi un appel à la grève illimitée à partir du 30 mars pour dénoncer le maintien de la production, qui a redémarré lundi après quatre jours d’arrêt visant à assurer des conditions de travail sûres d’un point de vue sanitaire.

L’Espagne a dépassé mercredi le nombre de morts de la Chine continentale, avec 3.434 morts.

« Le groupe doit comprendre que la santé des travailleurs n’est pas un jeu », a affirmé ce syndicat sur Twitter.

« Airbus n’est pas une industrie essentielle et stratégique dans cette crise sanitaire », avait-il déjà dénoncé dans un communiqué lundi.

Le syndicat Commissions ouvrières (CCOO), majoritaire, ne s’est pas joint pour l’instant à cet appel à la grève mais demande lui aussi l’arrêt de la production normale.

« L’idée de la direction est que la production redémarre normalement et progressivement jusqu’à atteindre les pics d’efficience maximum. Nous pensons que c’est impossible car on ne peut pas garantir toutes les mesures de sécurité pour la santé des travailleurs », a déclaré à l’AFP Francisco San José, délégué CCOO chez Airbus.

Selon un décompte communiqué par la direction aux syndicats mardi soir, 138 salariés d’Airbus en Espagne étaient considérés par la direction comme positifs au nouveau coronavirus (même si tous n’ont pas été effectivement testés), ainsi que 21 employés d’entreprises sous-traitantes.

Quelque 820 salariés du groupe étaient en quarantaine, dont 147 présentaient des symptômes.

« A ce jour, nous ne comprenons pas qu’il puisse y avoir une activité normale dans certaines zones, surtout dans la région de Madrid », la plus touchée par la pandémie, a précisé M. San José.

« Beaucoup de gens prennent des jours de congé par peur » de venir travailler cette semaine, a-t-il souligné.

Si les usines étaient utilisées « pour faire des avions médicalisés pour récupérer des gens ou du matériel sanitaire, fabriquer des masques ou des respirateurs, pour cela ils peuvent compter sur nous et nous travaillerons le plus possible », a-t-il ajouté.

Les deux syndicats appellent à faire don aux hôpitaux des masques et autres équipements de protection utilisés par les employés d’Airbus, alors que l’Espagne peine à protéger son personnel sanitaire.

La direction d’Airbus Espagne n’était pas joignable mercredi matin.

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