Airbus : le syndicat allemand IG Metall redoute une « catastrophe » sociale

BERLIN, 1 juillet 2020 (AFP) – Le puissant syndicat allemand IG Metall redoute une « catastrophe » sociale chez Airbus, au lendemain de l’annonce de la suppression de 15.000 postes dans le groupe, dont un tiers en Allemagne.

« Nous nous attendons à ce que Airbus assure, en dialoguant avec les représentants du personnels, l’avenir des lieux de production » en Allemagne, et « cela passe par un renoncement aux licenciements secs », estime mercredi le syndicat dans un communiqué.

L’organisation craint une « catastrophe pour les hommes et les lieux de production » en Allemagne, qui doit inciter « les politiques à trouver des solutions pour le secteur ».

Plombé par la pandémie de coronavirus, qui a plongé le secteur aérien, son principal client, dans une crise profonde, Airbus a annoncé mardi la suppression d’environ 15.000 postes en Europe, soit environ 11% de ses effectifs.

Un tiers de ces suppressions de postes doivent être réalisées en France, mais l’Allemagne est le pays le plus touché, avec 5.100 postes concernés.

« Il existe des alternatives à des suppressions de postes, telles que la diminution du temps de travail », estime le syndicat.

IG Metall appelle également le groupe aéronautique à « prolonger les dispositifs de chômage partiel ».

« Dans certains lieux de production d’Airbus, le chômage partiel n’a pas été demandé une fois en deux mois : c’est un paradoxe de discuter désormais d’un tel plan de suppression de postes », juge le syndicat.

Si Airbus a annoncé ne pas exclure de licenciements, il compte sur les départs volontaires, des mesures de retraite anticipée et sur les dispositifs de chômage partiel pour les limiter.

« Les départs contraints qui auront lieu devraient être au bout du compte bien plus limités que les chiffres annoncés aujourd’hui », a indiqué mardi à l’AFP le dirigeant du groupe, Guillaume Faury.

Les dispositifs de chômage partiel de longue durée en France et en Allemagne, en fonction de leurs « modalités précises », pourraient permettre de préserver « jusqu’à 1.000 emplois » en France, et 1.500 en Allemagne, a-t-il précisé.

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