Airbus: les syndicats mettent en garde contre des licenciements secs

TOULOUSE, 11 octobre 2016 (AFP) – Les syndicats d’Airbus ont averti mardi qu’ils s’opposeraient à tout licenciement sec au sein de l’avionneur européen dans le cadre de sa restructuration structurelle, qui mènera à un « plan social », selon FO (majoritaire).

« Il y aura un plan social », a assuré à l’AFP Jean-Marc Escourrou, secrétaire FO chez Airbus SAS, siège social de l’avionneur à Toulouse, à l’issue du comité d’entreprise extraordinaire tenu lundi où le groupe a présenté les grandes lignes de son projet de restructuration, annoncé le 30 septembre.

Cette refonte, baptisée Gémini, consiste à fusionner à Toulouse les sièges de la branche d’aviation commerciale (Airbus SAS) et du groupe (Airbus Group SAS). Cette fusion, qui doit être effective en juillet/août 2017, est destinée à éviter les « duplications » et à gagner en « agilité », selon la société.

« Aucun chiffre n’a été donné » lors du CE, a précisé le secrétaire FO, premier syndicat au sein du groupe. Mais les sites actuels de Paris (Suresnes) et Munich (Ottobrunn), qui doivent être transférés à Toulouse, regroupent à eux deux 1.200 personnes environ.

« Il semblerait que les départs volontaires ne vont pas être suffisants. J’espère qu’on n’arrivera pas à des licenciements secs. Nous n’avons jamais eu un carnet de commandes comme aujourd’hui, de plus de 1.000 milliards de dollars », a-t-il ajouté.

La CFE-CGC, deuxième syndicat, devait distribuer des tracts d’information mercredi aux salariés demandant « l’absence de licenciements secs », explique Françoise Vallin, coordinatrice du syndicat pour le groupe.

« Dans l’histoire d’Airbus, nous n’avons jamais eu à faire à ce genre de mesures », rappelle-t-elle.

La CFTC, elle aussi, « espère que les suppressions de postes se feront sans licenciements secs » en passant notamment par des redéploiements au sein du groupe, explique Olivier Esteban, coordinateur du syndicat pour le groupe.

« Mais on demande que la direction le confirme clairement », précise le responsable CFTC, qui devait également distribuer des tracts d’information mercredi.

Le syndicat dénonce par ailleurs la « précipitation » du plan de restructuration et exige une « expertise approfondie sur la réalité des doublons ». D’ici au 29 novembre, cinq comités d’entreprise européens extraordinaires seront réunis dans les différentes branches touchées.

« Combien de gens seront concernés? Combien de doublons? Nous avons tellement d’interrogations », ajoute le syndicaliste.

La fusion doit faire naître en janvier prochain un nouveau groupe, appelé tout simplement « Airbus ». La fusion-intégration doit se faire en juillet 2017, date où devrait démarrer le « plan social d’adaptation », selon l’agenda annoncé par l’entreprise.

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