Alcatel-Lucent: Martinez et Berger appellent l’Etat à intervenir auprès de Nokia

PARIS, 23 juin 2020 (AFP) – Les leaders de la CGT et de la CFDT ont tous deux appelé mardi le gouvernement à intervenir auprès de l’équipementier télécoms Nokia, afin qu’il revienne sur sa décision de supprimer 1.233 emplois en France dans sa filiale Alcatel-Lucent.

« Il faut que l’Etat dise: +pas question de supprimer des emplois, il faut garder ces emplois en France!+ », a plaidé sur France Inter le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Nokia « touche des aides publiques », via le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), « donc l’Etat doit intervenir », a-t-il ajouté.

Un argument également mis en avant par son homologue de la CFDT, Laurent Berger: puisque l’équipementier finlandais bénéficie du « crédit impôt recherche » sur sa filiale française, ce qui rend ses emplois d’ingénieurs en France « moins chers que dans d’autres pays de l’OCDE », l’Etat est « en droit (…) d’exiger que Nokia se comporte correctement », a-t-il martelé sur BFM Business.

« C’est pas acceptable, on ne peut pas jouer au yoyo avec les salariés de cette manière-là », a encore fustigé M. Berger, observant que Nokia, comme d’autres entreprises, « utilise d’une certaine manière » le prétexte de la crise épidémique « pour faire des plans sociaux qui sont inacceptables ».

Il a plaidé pour « une action de l’Etat résolue », et mis en garde contre une tentation d’évoquer la « fatalité » .

De son côté, Philippe Martinez a fustigé « le retour des licenciements boursiers », observant que « le secteur des télécoms est un des secteurs qui n’ont pas souffert de cette période du confinement ».

« L’Etat peut faire quelque chose, sinon on se retrouve dans une situation comme avant », lorsque les pouvoirs publics avouaient leur impuissance face à des situations de ce type, a-t-il souligné.

Sur ce point, « il faut que le monde de demain ne soit pas le même que le monde d’hier », a-t-il fait valoir. Lorsque Alcatel-Lucent a été racheté par Nokia, en 2016, le ministre de l’Economie d’alors, « qui s’appelait Emmanuel Macron », s’était engagé à ce que les emplois concernés restent en France, a rappelé le leader de la CGT.

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