Allemagne: accord dans l’industrie sur une hausse des salaires de 4,8% sur 21 mois

FRANCFORT, 13 mai 2016 (AFP) – Le syndicat allemand de la métallurgie IG Metall et le patronat se sont mis d’accord vendredi matin pour augmenter de 4,8% les salaires des employés du secteur sur 21 mois, dans un accord régional « pilote » pour l’ensemble du pays.

L’accord trouvé à l’aube pour la Rhénanie du Nord-Westphalie « a un caractère pilote », a souligné IG Metall dans un communiqué, et va donc s’appliquer aux 3,8 millions de salariés de la métallurgie, secteur fourre-tout de l’industrie allemande, qui regroupe entre autres l’automobile, les machines-outils et l’électronique.

Représentants des salariés et du patronat sont parvenus à ce compromis, qui prévoit une augmentation des salaires en deux étapes, à l’issue d’une cinquième réunion de négociations depuis mars.

Dans le détail, les employés du secteur vont voir leurs salaires augmenter de 2,8% à partir du 1er juillet 2016, après avoir reçu une prime exceptionnelle de 150 euros pour les mois d’avril, mai et juin. Les salaires seront ensuite revalorisés de 2% à partir du 1er avril 2017, pour neuf mois, jusqu’à expiration de l’accord.

Cet accord, décroché après une longue nuit de pourparlers, « renforce la demande de la consommation privée », mais « préserve la capacité des innovations des entreprises », s’est félicité le chef d’IG Metall Jörg Hoffmann. « Aucune entreprise ne se voit demander trop », a-t-il estimé.

La Rhénanie-du-Nord-Westphalie prend ainsi le rôle de poisson pilote dans un ballet de négociations bien rodé. Les négociations sont menées région par région et traditionnellement, le premier accord trouvé dans une région est ensuite validé par les autres, aucune négociation n’étant menée directement au niveau national.

A l’origine, IG Metall réclamait une augmentation des salaires de 5% sur un an. Le syndicat patronal Gesamtmetall avait fait une contre-proposition d’augmentation de 2,1% sur deux ans, à laquelle se serait ajoutée une prime exceptionnelle de 0,3%.

Ces dernières semaines, 760.000 salariés du secteur avaient perturbé l’activité sur une multitude de sites industriels en participant à des grèves d’avertissement – débrayages ponctuels de quelques heures – pour peser sur les négociations.

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