Allemagne: le salaire minimum horaire va grimper à 8,84 EUR

FRANCFORT, 28 juin 2016 (AFP) – Le salaire minimum allemand, introduit en 2015, passera de 8,50 euros à 8,84 euros bruts de l’heure en 2017, a annoncé mardi une commission ad hoc.

La commission chargée de réévaluer le salaire minimum a décidé de le relever pour la première fois, à 8,84 euros, a fait savoir son président Jan Zilius lors d’une conférence de presse à Berlin.

Cet organe composé de représentants des employeurs et des salariés fonde sa décision sur la hausse moyenne des salaires horaires dans le pays depuis janvier 2015. La commission statuera en 2018 sur une nouvelle augmentation, pour une application au 1er janvier 2019.

Imposé par les sociaux-démocrates aux conservateurs de la chancelière Angela Merkel avec qui ils gouvernent, le salaire minimum généralisé est une révolution dans un pays qui a longtemps préféré s’en remettre aux accords de branche.

Son introduction devait selon les prévisions de Berlin profiter à plus de 3 millions de salariés qui gagnaient moins de 8,50 euros auparavant.

Mais ses effets ne sont pas encore totalement connus. « Au vu des données actuelles, les conséquences du salaire minimum sur la compétitivité et la situation des entreprises en Allemagne ne peuvent pas encore être évaluées », a reconnu M. Zilius, qui a demandé plus de temps.

Il a toutefois souligné que le salaire minimum avait fait ses débuts dans « un contexte favorable », alors que l’économie et le marché du travail allemands sont solides.

D’après les premières observations, le nouveau salaire plancher n’a pas fondamentalement changé la donne pour la première économie européenne. Contrairement aux prévisions alarmistes de ses détracteurs, il n’y a pas eu d’explosion du chômage.

L’introduction du salaire minimum généralisé a surtout profité aux salariés peu qualifiés du secteur des services, ce qui a par exemple entraîné une hausse des prix pratiqués par les taxis ou les coiffeurs.

Au 1er janvier 2017, le mécanisme doit être étendu à quelques branches qui avaient obtenu un sursis.

« Le marché du travail a très bien évalué l’an dernier en dépit de l’introduction du salaire minimum et de nombreux salariés en ont profité », a affirmé mardi Marcel Fratzscher, président de l’institut économique DIW.

Une hausse à 8,84 euros « ne devrait pas non plus influer significativement sur l’évolution positive du marché du travail », estime-t-il, jugeant que « la grande majorité des entreprises pourra [y] faire face sans devoir supprimer d’emplois ».

La fédération allemande du commerce de détail HDE a dénoncé « une expérience économique à l’issue incertaine », tandis que le président du syndicat des services Verdi, Frank Bsirske, juge l’augmentation insuffisante. « Le salaire minimum légale en Allemagne reste nettement en deçà de ceux des pays voisins d’Europe de l’ouest », a regretté M. Bsirske.

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