Allemagne: Ryanair menace de représailles en cas de grève mercredi

BERLIN, 11 septembre 2018 (AFP) – Ryanair menace son personnel allemand de suppressions d’emplois s’il cesse le travail pour 24 heures mercredi, préambule à un débrayage européen fin septembre annoncé comme la plus « grande grève » de l’histoire de la compagnie aérienne irlandaise.

« Si ces menaces de grève continuent, elles mèneront à une réduction des opérations en Allemagne et à des suppressions d’emplois pour les pilotes comme le personnel navigant, en particulier dans les aéroports allemands secondaires où nous enregistrons des pertes chaque hiver », a déclaré mardi dans un communiqué le directeur marketing de Ryanair, Kenny Jacobs.

Les syndicats allemands de pilotes, Cockpit, et de personnel commercial, Verdi, ont annoncé lundi soir un débrayage de 24 heures débutant mercredi à 01H00 GMT et concernant les vols au départ et à destination de l’Allemagne.

Ryanair, qui n’a pour l’heure livré aucune prévision de trafic, répond qu’elle « s’efforcera d’assurer ses vols normalement » et que les passagers peuvent d’ores et déjà gratuitement repousser leurs réservations de mercredi à jeudi, vendredi, samedi ou dimanche.

– Grève européenne –

Le mouvement allemand est un avant-goût du débrayage européen que doivent officialiser jeudi à Bruxelles des syndicats italiens, portugais et espagnols.

Ils ont déjà évoqué dans un communiqué commun la date du vendredi 28 septembre pour mener la « plus grande grève » de l’histoire de la compagnie, confrontée depuis des mois à des débrayages récurrents de son personnel.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le groupe irlandais, aux pratiques sociales controversées, brandit la menace d’un plan social pour dissuader ses salariés grévistes.

Le 25 juillet, alors que les pilotes irlandais cessaient le travail, la direction annonçait 300 suppressions de postes, une réduction de flotte dans les aéroports irlandais et un redéploiement vers la Pologne.

Mais au mois d’août, la compagnie a fait face à un mouvement coordonné de son personnel dans cinq pays européens: 400 vols annulés en pleine période de vacances et plus de 55.000 passagers concernés.

Depuis, Ryanair a trouvé des accords en Irlande et en Italie, jugés toutefois insuffisants par les syndicats allemands.

– 190.000 euros par an –

Verdi, reconnu comme interlocuteur par Ryanair depuis juillet, estime après deux sessions de négociations qu’il est « totalement exclu » d’accepter les conditions proposées par la compagnie irlandaise: aucune augmentation avant 2019 et 41 euros par mois à partir de 2020, selon le syndicat.

Le syndicat allemand exige aussi l’indemnisation des heures de vols supplémentaires dues à des retards et la mise en place d’un salaire de base minimum pour le personnel navigant. Le syndicat des pilotes Cockpit exige, lui, l’intervention dans ces négociations d’un médiateur, qui ne soit par irlandais et connaisse « le droit allemand ».

« Ceci est une première grève d’avertissement et la suite dépendra du déroulement des négociations », a averti Christine Behle, membre du conseil d’administration de Verdi, lors d’une conférence de presse mardi à Berlin.

Ciblant directement Cockpit, Ryanair a fustigé mardi dans son communiqué « ce syndicat qui représente des pilotes (…) gagnant 190.000 euros par an et qui travaillent cinq jours par semaine, suivis de quatre jours de récupération ».

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