Alliance Siemens-Alstom: une « nécessité » qui « inquiète » (CFE-CGC, premier syndicat)

PARIS, 26 septembre 2017 (AFP) – Un rapprochement des activités ferroviaires d’Alstom et Siemens est « une nécessité » pour lutter contre la concurrence chinoise mais il « inquiète » car « il y aura de la casse sociale à moyen terme », estime mardi la CFE-CGC d’Alstom, premier syndicat du groupe.

Alors qu’une alliance pourrait être officialisée dans la journée, le syndicat évoque « un choix de sophiste: on ne peut pas rester en l’état et on sait que ça ne se fera pas sans casse », explique à l’AFP son représentant Claude Mandart.

« La consolidation est une nécessité pour lutter contre le mastodonte chinois (CRRC Corp, NDLR), qui est deux à trois fois plus gros que nous », dit-il.

« Et en même temps, on est inquiets car on est en choc frontal avec Siemens sur toutes nos activités: très grande vitesse, signalisation, trains régionaux, métros, tramways… », poursuit M. Mandart.

Or « on ne va pas pouvoir tout garder à moyen terme, des synergies vont être trouvées, c’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’opération, donc il y aura malheureusement de la casse sociale à moyen terme, c’est incontournable », selon le représentant CFE-CGC.

Il souligne que « tôt ou tard celui qui absorbe reprend la stratégie », convaincu par ailleurs que « les Allemands savent mieux protéger leur industrie que les Français ».

Pour Philippe Pillot (FO, quatrième syndicat), l’opération représente également « à la fois une solution et un problème ». « On est pleins d’interrogations », confie-t-il, car à un mariage, « si on arrive tous avec les meubles de la grand-mère, à un moment donné on n’arrivera pas à tout mettre dans la maison. Forcément il y aura des doublons ».

En 2014, le projet avait échoué, Alstom préférant alors céder ses activités énergie à l’américain General Electric et recentrer son activité sur le ferroviaire.

Son passage sous pavillon allemand signifierait la fin d’un fleuron industriel français.

shu/cel/kp