Allocution de Macron: réactions syndicales

PARIS, 10 décembre 2018 (AFP) – Les syndicats ont réagi de manière contrastée lundi soir aux annonces du président Emmanuel Macron, entre ceux qui estiment qu’il n’a « rien compris » à la colère des « gilets jaunes », et ceux qui saluent un geste « enfin concret ».

– Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, le président de la République « n’a rien compris ou ne veut rien comprendre de la colère qui s’exprime ». La hausse de 100 euros mensuels au niveau du Smic, « c’est très loin de ce que nous demandions », a-t-il réagi sur franceinfo. La CGT revendique un Smic à 1.800 euros.

« On n’annonce rien sur la revalorisation des pensions des retraités », a-t-il également regretté, « rien sur les minima sociaux » et « rien sur les jeunes ». Pour lui, « on est très très loin du compte » avec un président de la République qui « ne prend pas en compte le profond mécontentement qui existe dans le pays ».

Dans un communiqué, la centrale de Montreuil relève aussi l’absence d’annonce sur « le point d’indice des fonctionnaires », ou encore le fait qu’il n’y ait « rien sur la justice fiscale et rien sur l’ISF et le CICE ».

– L’Unsa « avait revendiqué des mesures nouvelles et d’application immédiate, visant explicitement le pouvoir d’achat » et « constate que les annonces vont dans ce sens », dans un communiqué.

Le syndicat « s’inquiète cependant, alors que le pouvoir d’achat est en berne pour tous, que les agents publics n’aient pas été cités, alors que 46% d’entre eux, de catégorie C, ont une rémunération tangentant le Smic ».

L’Unsa « note que l’intervention du président de la République marque enfin un geste concret et visible » même si « rien n’est encore réglé », et souhaite que « la fiscalité, le logement, la mobilité, l’emploi, autant de thèmes qui participent de la transition écologique, seront bien traités », dans une logique « visant la justice sociale ».

– Solidaires est beaucoup plus critique, estimant dans un communiqué que les annonces sociales « sont loin de constituer un tournant dans la politique de ce gouvernement ».

« Emmanuel Macron fait semblant d’oublier qu’il a accentué les politiques néolibérales qui avantagent les entreprises et les plus riches, au détriment de l’intérêt général, au détriment des plus précaires », poursuit le syndicat, qui juge qu' »aucun tournant majeur n’a été pris » et que « c’est encore le budget de l’État qui est mis à contribution, tandis qu’aucune contrainte n’est mise sur les entreprises, les grandes fortunes ». « La question d’une juste répartition des richesses est totalement évincée », conclut le syndicat.

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