Alstom: « poumon économique » et « bastion industriel » de Belfort

BELFORT, 13 septembre 2016 (AFP) – « Alstom c’est Belfort, Belfort c’est Alstom ». C’est le slogan de toute une ville. Dans cette commune de 50.000 habitants, l’usine du constructeur ferroviaire représente un poumon économique dont l’histoire a marqué l’identité et la population locale.

Le groupe industriel présente le site de Belfort comme « le centre mondial d’excellence » de ses activités de transport. Installé en 1879, il y a produit sa première locomotive à vapeur dès l’année suivante. C’est là, aussi, qu’a été conçu le premier TGV, livré à la SNCF en 1978.

Depuis, toutes les motrices de train à très grande vitesse vendues par Alstom sont sorties de cette usine, soit plus de 1.300 exemplaires. Aujourd’hui, le site héberge également des activités de maintenance et de réparation, et compte 520 salariés.

Au-delà des ateliers, la présence d’Alstom à Belfort a un impact important sur le dynamisme économique local. Selon Damien Meslot, maire Les Républicains de la ville, l’activité industrielle du site induit « plus de 1.200 emplois indirects ».

Alors quand la direction du groupe a annoncé la semaine passée le transfert en 2018 de la production ferroviaire, soit l’essentiel de l’activité du site franc-comtois, vers son usine alsacienne de Reichshoffen, le maire a écrit au président François Hollande pour lui demander de sauver ce « bastion industriel français ».

Depuis plus d’un siècle, l’usine est aussi un élément fort de l’identité locale. Richard Muller, un ancien de Peugeot, est attaché à la présence d’Alstom sur le territoire.

« Je suis Belfortin, j’étais à l’école avec les enfants des ouvriers Alstom. Ici, tout le monde a quelqu’un dans sa famille qui travaille ou a travaillé dans cette usine », a-t-il expliqué à une journaliste de l’AFP.

Avec son gilet du syndicat CGT sur le dos, il était venu se mêler lundi soir aux salariés qui manifestaient contre la fermeture de la production ferroviaire, et scandaient: « Alstom c’est Belfort, Belfort c’est Alstom ».

Mais pour les anciens, l’âge d’or est passé. A 69 ans, Daniel Toitot est retraité. Il travaillait au « bureau des méthodes » en 1972, quand le premier prototype de TGV est sorti de l’usine.

« A l’époque, c’était un fleuron, une fierté pour nous », a-t-il indiqué à l’AFP. « Dans les années 1980, on était 1.500 à travailler sur le site ». Alors il a de la peine à évoquer la fermeture: « après avoir bossé 40 ans, ça me fait mal ».

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