Alstom/Siemens: les syndicats redisent leur opposition à la fusion devant Mme Vestager

PARIS, 21 janvier 2019 (AFP) – Les syndicats français et belges d’Alstom ont « redit » lundi, à Paris, à la commissaire européenne chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, leur opposition au projet de fusion entre le groupe français et l’allemand Siemens, ont-ils indiqué à l’issue de cette réunion.

Mme Vestager « voulait savoir une dernière fois les arguments qu’on avait par rapport à ce projet d’absorption d’Alstom par Siemens. Nous lui avons redit » que « nous n’étions pas favorables à ce rapprochement » et « redonné nos arguments », a déclaré à la presse Claude Mandar, délégué syndical central CFE-CGC d’Alstom.

Cette réunion se tenait à Paris alors que la Commission européenne hésite sur ce projet de fusion entre les activités ferroviaires d’Alstom et Siemens. Avant les syndicats, Mme Vestager avait rencontré le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. La Commission doit rendre son verdict d’ici au 18 février.

Les syndicats ont expliqué à la commissaire qu’ils n’étaient « pas contre une consolidation du marché européen (de l’industrie du) ferroviaire mais » hostiles à « ce pseudo rapprochement », notamment parce qu’ils n’ont « toujours aucune information » sur les quelque 500 millions de synergies prévues, a ajouté M. Mandar.

« Nous lui avons également rappelé que cette consolidation amènerait certainement une accélération de l’entrée de nos concurrents chinois en Europe plutôt que de les repousser », a-t-il souligné.

« Très à l’écoute », Mme Vestager « est restée très hermétique », « très neutre » quant à la prochaine décision de la Commission sur ce dossier et « n’a laissé aucun élément permettant de penser que la balance pencherait d’un côté ou de l’autre », a relevé M. Mandar.

« On a eu une discussion très technique, très intéressante », « ce qui malheureusement n’est pas le cas avec le gouvernement français », a noté Boris Amoroz, délégué syndical central CGT.

Devant Mme Vestager, les huit syndicats français et belges ont parlé d’une même voix, avec « les mêmes analyses, mêmes conclusions, mêmes craintes », a souligné auprès de l’AFP Vincent Jozwiak, délégué syndical central FO.

Ce projet, « ce n’est pas une fusion, c’est une distribution de dividendes et une absorption », a critiqué Daniel Dreger, secrétaire adjoint CGT du comité de groupe européen d’Alstom, ajoutant que M. Le Maire « a promis de recevoir l’intersyndicale avant le 18 février à Bercy ».

De son côté, M. Le Maire a souhaité lundi de nouvelles règles de la concurrence en Europe, face à la montée en puissance des géants chinois. La veille, dans un entretien au Journal du Dimanche, il jugeait que les conditions étaient « remplies pour que cette fusion soit réussie ».

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