Amiante: des anciens d’Alstom obtiennent 8.000 euros en appel

 BOBIGNY, 26 avril 2017 (AFP) – La cour d’appel de Paris a condamné mercredi l’américain General Electric à verser 8.000 euros à 52 anciens salariés de l’ex-usine Alstom de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), en réparation du « préjudice d’anxiété » lié à leur exposition à l’amiante, a-t-on appris de sources concordantes.

En juillet 2015, ces anciens employés de l’usine Alstom-Areva transformateurs de Saint-Ouen (TSO) avaient obtenu 5.000 euros des prud’hommes de Bobigny au titre du « préjudice d’anxiété », c’est-à-dire la crainte de développer des maladies graves en raison de leur ancien travail.

Ils avaient fait appel de cette décision, espérant obtenir davantage.

« 8.000 euros, c’est beaucoup mieux, mais il y a encore deux ans et demi, la cour d’appel de Paris avait accordé 20.000 euros » dans une affaire similaire, a souligné Bernard Balestri, de l’Association des anciens salariés d’Alstom TSO, déplorant « un mouvement général de baisse des sommes attribuées par les juridictions ».

En outre, la somme globale allouée (à laquelle s’ajoutent 500 euros versés à chaque demandeur au titre des frais de justice) « ne correspond qu’à 7% de la sur-prime de 6,5 millions d’euros versée à Patrick Kron pour avoir bien vendu Alstom » à General Electric (GE), a-t-il ajouté.

L’avocat des ex-ouvriers de l’usine de Saint-Ouen, qui a fermé en 2006, Me Acher Krief, s’est dit « satisfait » de cette décision.

Il ne fera donc pas appel du jugement délivré début avril par le conseil des prud’hommes de Bobigny, auprès duquel 17 anciens d’Alstom avaient obtenu directement 8.000 euros, a-t-il dit à l’AFP.

La cour a aussi condamné le groupe américain, qui a pris les commandes début 2016 de la branche énergie d’Alstom, à verser 1.000 euros de dommages et intérêts à moins d’une dizaine de salariés pour ne leur avoir pas délivré « une attestation d’exposition à l’amiante » qui leur aurait permis d’obtenir un suivi médical, selon ces sources.

L’usine Alstom-Areva TSO, qui fabriquait des transformateurs électriques, a compté jusqu’à 1.200 salariés dans les années 1970. L’endroit a été classé en 2011 sur la liste des sites amiantés.

En 2000, un ancien responsable de l’usine avait été condamné à une forte amende par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir exposé ses employés au danger de l’amiante.

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