Amiante: Dupond-Moretti a demandé une audience auprès de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris

DUNKERQUE, 18 mars 2017 (AFP) – L’avocat Eric Dupond-Moretti a annoncé samedi à Dunkerque (Nord) avoir demandé une audience auprès de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris pour rouvrir le dossier des victimes de l’amiante en Nord/Pas-de-Calais.

S’exprimant lors d’une assemblée générale de l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante (Ardeva), réunissant 500 personnes, le médiatique avocat a déclaré: « Vous avez constitué des dossiers par centaines depuis des années, les preuves sont là » et « j’ai demandé une audience auprès de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris pour rouvrir une instruction », une « échéance que nous espérons proche ».

« Nous avons mis en place une organisation pour remettre ce dossier à flot sur le plan judiciaire », a-t-il ajouté.

Les victimes peuvent habituellement faire une réclamation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva), mais l’avocat entend rouvrir le dossier sur un plan pénal.

Lors du scandale de l’amiante, « les informations n’ont pas été remontées jusqu’aux politiques en charge de la santé publique pour des raisons de lobbying, et là on a des éléments pour mettre en oeuvre des responsabilités pénales », a fait valoir Me Dupond-Moretti devant la presse.

« Tous les responsables doivent être jugés, tous ceux qui en connaissance de cause ont laissé faire », a abondé le président de l’Ardeva, Pierre Pluta. « Ils savaient que leur décision et celles qu’ils n’ont pas prises allaient tuer des dizaines de milliers de personnes ».

La région de Dunkerque est particulièrement concernée par les maladies développées au contact de l’amiante sur le lieu de travail. Depuis décembre 2004 en France, 40.500 personnes sont mortes de l’amiante, au rythme de 3.000 personnes par an aujourd’hui, estime l’Ardeva.

Me Dupond-Moretti a été applaudi à son arrivée à l’assemblée générale, a constaté une correspondante de l’AFP. De nombreuses veuves l’ont remercié d’avoir accepté de défendre le « souvenir de leur mari empoisonné par l’amiante », telle Marjorie dont le mari est mort à 58 ans après travaillé pendant 42 ans au chantier naval de Dunkerque.

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