Amiante: fermeture provisoire d’un atelier de Naval Group à Cherbourg

CAEN, 26 février 2020 (AFP) – Naval Group a fermé « provisoirement, par précaution » mardi un atelier qui emploie 200 personnes à Cherbourg (Manche) en raison de soupçons de présence d’amiante, a indiqué mercredi à l’AFP la direction du site.

« Pendant ces quelques jours de fermeture, les salariés sont repositionnés sur d’autres zones du site », a indiqué le service communication de l’entreprise à Cherbourg. Près de 5.000 personnes, dont 3.000 salariés de Naval Group, y travaillent à la fabrication des sous-marins nucléaires français.

Cette décision fait suite à des prélèvements effectués par la CGT dans cet atelier montrant selon le syndicat la présence d’amiante. Selon la direction, 45 salariés avaient en conséquence lundi matin exercé leur droit de retrait.

La direction a décidé mardi de lancer un plan d’action. Elle va pour la première fois effectuer des prélèvements surfaciques avec des lingettes pour vérifier les affirmations de la CGT, selon le service de presse du site. Un laboratoire indépendant en sera chargé, selon la direction.

Le prélèvement par lingette attestera de l’éventuelle « présence d’amiante » mais pas de l’exposition qui ne peut légalement être évaluée que par des mesures de prélèvements atmosphériques, a ajouté la direction.

Si ces prélèvements surfaciques sont positifs, Naval Group procédera à des prélèvements atmosphériques et au « dépoussiérage » de la zone concernée, selon la même source.

Dans cet atelier transitent des pièces stockées dans un hangar où un taux de 5,4 fibres d’amiante par litre d’air (supérieur à la norme de 5 fibres) a été détecté lors d’un prélèvement en octobre. Le hangar avait alors été fermé trois semaines avant de rouvrir car les mesures suivantes étaient conformes aux normes, a précisé la direction.

Mais le prélèvement hors normes a incité la CGT a faire des analyses dans l’atelier qui s’approvisionnait dans ce hangar.

Par ailleurs, Naval Group va à partir du printemps « éliminer l’ensemble des toitures en fibrociment » du site qui sont la « source d’émission de fibres d’amiante sur le site », selon la direction. Les travaux d’un montant de 3 millions d’euros vont durer 12 à 18 mois, selon la même source. Dix bâtiments sur soixante sont concernés.

Selon la CGT, 550 salariés du site sont morts de l’amiante entre 1977 et 2012.

Le travail de l’amiante est interdit en France depuis 1997 mais, selon l’association des victimes de l’amiante, la DCN (devenu depuis DCNS puis Naval Group) avait obtenu une dérogation de 5 ans.

Naval Group est détenu à 62% par l’Et