Amiante: les salariés de Bosch obtiennent réparation aux prud’hommes

BOBIGNY, 28 janvier 2016 (AFP) – Les salariés et ex-salariés de Bosch qui demandaient réparation après avoir été exposés à l’amiante dans les années 1990 ont obtenu gain de cause jeudi auprès des prud’hommes de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et recevront 5.000 euros de dommages et intérêts, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’équipementier automobile et fabricant d’électroménager va devoir indemniser les plaignants au titre du « préjudice d’anxiété », et également s’acquitter de 200 euros par personne au titre de l’article 700 du code de procédure civile (frais d’avocat).

« On espérait un peu plus, 8.000 euros par exemple comme dans d’autres affaires d’amiante », a avoué Dominique Urtebise, délégué syndicat CGT et employé sur le site de Saint-Barthélemy-d’Anjou, près d’Angers, depuis 30 ans.

« C’est tout de même un soulagement car l’anxiété, à juste titre, des salariés a bien été reconnue par la justice », a salué de son côté Me Waheb Berkouche, l’avocat des 315 salariés engagés dans la procédure.

MM. Urtebise et Berkouche n’excluaient pas de faire appel de la décision. « La jurisprudence de la cour d’appel de Paris dans ces cas-là est plutôt d’allouer 10.000 euros par tête », a indiqué l’avocat.

Bosch a également un mois pour faire appel, comme ce fut le cas dans une autre affaire d’amiante, l’opposant cette fois à des salariés de son usine de Drancy (Seine-Saint-Denis).

En 2014, ces 80 salariés avaient obtenu en première instance 5.000 euros par personne et repasseront devant la cour d’appel de Paris le 18 février.

Enfin sur le site de Beauvais, 600 salariés d’une autre entité du groupe avaient été indemnisés à hauteur de 8.000 euros pour le même motif en appel devant le tribunal d’Amiens.

La dangerosité de l’amiante est connue depuis 1990. Son caractère cancérogène a été établi scientifiquement en 1977 mais son interdiction totale n’est intervenue qu’en 1997.

En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l’État pour sa « gestion défaillante » de ce dossier, jugé responsable par les autorités sanitaires de 10% à 20% des cancers du poumon et qui pourrait provoquer 100.000 décès d’ici à 2025.

A l’usine de Saint-Barthélemy d’Anjou, c’est la production jusqu’au milieu des années 1990 de systèmes de freinage contenant de l’amiante qui a exposé les salariés, dont certains sont depuis tombés gravement malades, ou décédés.

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