Amiante: les salariés de la Monnaie de Paris à Pessac déboutés en appel

 BORDEAUX, 23 mai 2018 (AFP) – La Cour d’appel de Bordeaux a débouté 77 salariés et retraités de la Monnaie de Paris à Pessac (Gironde) qui réclamaient chacun 100.000 euros d’indemnités pour « préjudice d’anxiété » lié à une exposition prolongée à l’amiante.

Dans sa décision, la justice n’a pas reconnu le préjudice dans cet établissement qui n’était pas officiellement classé « amianté », a expliqué mercredi à l’AFP Alain Bernon, retraité de la Monnaie de Paris à Pessac et président de l’association de salariés « SOS Monnaie ».

Les 77 plaignants ont décidé de ne pas se pourvoir en cassation. « On est sûr de perdre d’avance puisque la cour d’appel s’est appuyée sur une décision de la cour de cassation pour nous débouter », a précisé M. Bernon.

« On est déçu bien sûr, et écoeuré parce qu’il y a eu 240 personnes qui ont eu un suivi médical et avec tout ça on n’est pas reconnus. La justice nous dit qu’on n’a pas le droit d’être inquiets pour notre santé », a-t-il déclaré.

L’indemnisation que les 77 plaignants réclamaient correspondrait à un montant de 10 et 14 euros par jour de travail (hors congés) sur l’ensemble de leur carrière, d’une durée en moyenne de 30 à 40 ans, selon leur conseil Me Béatrice Ledermann.

De son côté, la Monnaie de Paris a fait valoir à l’audience du 5 mars qu’elle n’a pas été classée officiellement entreprise « amiantée », et estime donc ne pas être soumise à l’obligation de réparation.

Pour Me Ledermann, l’objectif de ce procès en appel était « de démontrer la réalité de l’exposition des salariés à l’amiante mais aussi les manquements de l’employeur à ses obligations de sécurité », notamment la fourniture d’équipements de protection adaptés, et la mise en oeuvre d’analyses de poussière chaque mois.

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