Amiante: les salariés de Vénissieux poursuivent Renault Trucks aux prud’hommes

LYON, 30 mai 2017 (AFP) – Le procès de Renault Trucks, poursuivi par les salariés et ex-salariés pour « préjudice d’anxiété », s’est ouvert mardi aux prud’hommes de Lyon à la suite du classement « amiante » du site de Vénissieux (Rhône).

Environ 150 personnes étaient rassemblées devant le tribunal pour soutenir une cinquantaine de leurs collègues et anciens collègues, reçus dans le cadre d’une première audience de conciliation, a constaté l’AFP.

« Nous sommes là pour faire pression », explique Olivier Jouvençon, technicien de méthode de 52 ans et représentant CGT au CHSCT.

« Nous demandons une indemnisation de préjudice d’anxiété à hauteur de 30.000 euros » pour chaque dossier, a déclaré le conseil des salariés Me Cédric de Romanet à l’AFP, estimant que « le risque de maladie mortelle est identique » quelle que soit la période d’exposition.

Le site de Renault Trucks (ex-RVI), désormais filiale de Volvo, à Vénissieux a été reconnu site amiante par arrêté publié au Journal officiel à l’automne dernier, permettant ainsi aux salariés jusqu’en 1996 d’avoir droit au dispositif de retraite anticipée des travailleurs de l’amiante.

Cette inscription concerne la période allant de 1964 à 1996.

Depuis le début de l’année, une centaine de salariés ont bénéficié d’un départ anticipé et 650 personnes au total pourraient le faire valoir dans les prochaines années, selon le président de l’Association prévenir et réparer (Aper) Jean-Paul Carret, qui accompagne les salariés et retraités dans cette procédure.

« Pendant des années, la direction savait qu’on bouffait de l’amiante mais n’a rien fait », s’insurge Bernard Grand, 59 ans, dans l’entreprise depuis 1975 et qui a « toujours la crainte » de tomber malade.

Présent sur le site de Vénissieux depuis 1987, il a déposé un dossier et attend une date d’audience.

« On ne vient pas pour l’argent », assure-t-il, mais dans l’espoir que « la direction soit condamnée ».

Quelque 900 dossiers pour préjudice d’anxiété sont prêts, dont 150 déjà déposés auprès de la justice, selon M. Carret.

« On ne se fait pas d’illusions » sur l’issue de la conciliation, a déclaré Marie-Lise Ricci, ancienne sténodactylo partie à la retraite il y a sept ans, « qui traversait l’atelier de montage des camions plusieurs fois par jour » de 1969 à 1979.

Dans un jugement rendu le 28 avril 2015, le tribunal administratif de Lyon avait suivi les préconisations du rapporteur public qui s’était déclaré favorable au classement amiante de Vénissieux.

Il avait en revanche rejeté la demande de classement du site Renault Trucks de Saint-Priest (Rhône).

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