Antoine Foucher, dir cab’ omniprésent de Pénicaud

PARIS, 27 avril 2018 (AFP) – Depuis un an, Antoine Foucher, directeur de cabinet de Muriel Pénicaud pétrit et peaufine toutes les réformes sociales portées par la ministre du Travail. Omniprésent, ce fin connaisseur du monde social communique beaucoup et aime répéter qu’il « parle cash ».

« J’ai choisi un cabinet qui connaissait le sujet », expliquait récemment la ministre du Travail, elle-même ex-DRH de Danone. Et pour cause, puisqu’elle a nommé à sa tête un ancien cadre du Medef.

A 38 ans, Antoine Foucher pratique le secteur social depuis déjà plusieurs années.

« Je l’ai connu quand il était conseiller technique chez Xavier Bertrand », alors ministre du Travail, fin 2010, raconte à l’AFP Jean-François Pilliard, ancien responsable du pôle social du Medef.

Celui qui l’a en quelque sorte chaperonné au sein de l’organisation patronale additionne les compliments : « très gros bosseur », doué d’une « capacité d’écoute », « bon pédagogue », « personnalité extrêmement innovante », quelqu’un qui n’a « pas de problème d’ego » et « en a encore sous le pied »…

Là où certains directeurs de cabinet sont en retrait, ont peur du mot de trop, Antoine Foucher communique beaucoup. De colloques en « briefing presse », il reçoit parfois dans son bureau, où l’on trouve du chocolat échoué entre les dossiers.

Il arrive à certains syndicalistes — qui de manière générale louent sa capacité de dialogue — de ressortir la mine déconfite de ce bureau, situé au rez-de-chaussée du ministère.

Ses heures de sommeil sont rares. Après les ordonnances travail, les réformes de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance chômage, réunies dans le projet de loi « avenir professionnel » présenté vendredi en conseil des ministres, ont occupé à plein le ministère du Travail.

Que ce soit à l’Assemblée ou en déplacement, Antoine Foucher n’est jamais très loin de sa ministre. Et a suivi les négociations entre partenaires sociaux de très près, y compris la nuit …

– Etiquette Medef –

Il a commencé sa carrière comme administrateur au Sénat, pendant trois ans, de quoi faire connaissance avec les rouages parlementaires après avoir étudié la philosophie, les lettres et les sciences politiques.

« Je l’ai connu quand il était au Medef, c’est un mec réglo, facile d’accès, qui connaît les dossiers, un gros bosseur », même si « des fois, il va un peu vite », glisse Jean-Claude Mailly, patron sortant de FO.

Mais, « il sait reconnaître qu’il s’est planté et il peut changer d’avis », poursuit-il, assurant qu’il a actuellement « un rôle important ».

« Foucher, Lardy (ex-négociateur FO devenu directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud), Imbert (conseiller social de Macron, ex-directeur de cabinet de Myriam El-Khomri, ministre du Travail), ils se retrouvent, toute la petite bande », grince un observateur avisé.

En tout cas, l’étiquette Medef est bien incrustée.

« Il n’a pas oublié d’où il vient », tacle Denis Gravouil (CGT), qui considère en effet que le gouvernement fait la part belle aux revendications de l’organisation patronale sur l’assurance-chômage.

En 2016, son départ du Medef a été le fruit d’une guéguerre entre les partisans du dialogue social, dont il était, et les tenants d’une ligne plus libérale. D’après les articles de l’époque, plusieurs fédérations lui reprochaient une forme d' »arrogance ».

Comme Emmanuel Macron et ses fidèles, il répète qu’il « parle cash » et « sans tabou » et n’hésite pas à expliquer parfois à des journalistes qu’ils « raisonnent un peu ancien cadre », tout en se montrant très accessible.

L’homme est aussi parfois taxé d’apparatchik car il n’a passé qu’une petite année en entreprise, chez Schneider Electric.

dec/cel/bd/esp