Appel à la mobilisation chez les CRS pour leur indemnité de déplacement

PARIS, 20 septembre 2017 (AFP) – Trois syndicats policiers opposés à une réforme soumettant l’indemnité de déplacement des CRS (Compagnies républicaines de sécurité) aux prélèvements sociaux ont appelé mercredi leurs agents à « se mobiliser fortement sans délai » et réclamé l’intervention de Gérard Collomb dans cet épineux dossier.

« L’intersyndicale déplore l’absence de dialogue social et de prise en compte de ce dossier par M. Gérard Collomb », ont écrit les secrétaires généraux d’Alliance, Jean-Claude Delage, d’Unité-SGP-FO, Yves Lefebvre et de l’Unsa-Police, Philippe Capon, dans un communiqué.

« Dans l’attente d’une réaction et d’un signal fort donné par le ministre de l’Intérieur, l’Intersyndicale appelle tous les agents exerçant dans les CRS à soutenir son action et à se mobiliser fortement sans délai », ont ajouté les trois syndicats, qui revendiquent 90% des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles.

« On a un sujet brûlant sur lequel on a saisi le ministre depuis le mois de juillet. Nous sommes arrivés à une situation de ras le bol », a expliqué Philippe Capon à l’AFP.

« Nous avons reçu un courrier du directeur général de la police national qui ne nous convient pas. Ce que nous voulons désormais savoir, c’est: quelle est la position politique du ministre sur ce dossier ? », a complété le syndicaliste.

Les syndicats revendiquent que l’Ijat (indemnité journalière d’absence temporaire), versée lorsque les CRS sont en mission, soit exonérée des prélèvements sociaux et en particulier de la CSG (contribution sociale généralisée).

D’un montant quotidien de 39 euros, l’Ijat constitue un important complément de revenu pour les CRS, au regard du nombre de missions effectuées. Créée dans les années 1960, cette prime fait l’objet d’une défiscalisation, ce qui lui vaut régulièrement les foudres de la Cour des Comptes.

Sur fond de griefs contre le « suremploi » des CRS et l’usure du matériel, les syndicats dénoncent également des délais de paiement de deux à trois mois pour une Ijat autrefois payée par des régies d’avance.

Ils souhaitent également que l’Ijat n’apparaisse pas sur leur fiche de paie.

L’appel de l’intersyndicale intervient à la veille d’une nouvelle journée de manifestations contre la réforme du Code du travail, qui devrait mobiliser les forces en charge du maintien de l’ordre.

Le 12 septembre, date de la première journée de mobilisation sociale contre cette réforme, plusieurs centaines de CRS, selon des décomptes syndicaux, s’étaient déclarés en arrêt-maladie ou en consultation médicale.

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