Apprentis : Clotilde Valter juge « obsolète » leur système de rémunération

PARIS, 21 septembre 2016 (AFP) – La secrétaire d’État à l’Apprentissage, Clotilde Valter, a jugé mercredi « obsolète » et « injuste » l’échelle de rémunération des apprentis, tout en estimant qu’une revalorisation pourrait constituer un « frein » au développement de ce dispositif déjà boudé.

Aujourd’hui, le salaire minimum des apprentis dépend de l’âge du jeune et de l’année d’exécution de son contrat. Il s’échelonne de 25% du Smic (366,65 euros bruts en 2016) pour un apprenti mineur dans sa première année de contrat à 78% du Smic (1143,96 euros bruts) pour un apprenti de plus de 21 ans dans sa troisième année de contrat.

« On est sur un mode de rémunération qui est obsolète », a estimé Mme Valter lors d’un déjeuner avec la presse.

« On est sur un sujet qui, manifestement, doit être modifié, mais on a du mal à mettre les acteurs autour d’une table », a-t-elle regretté.

En septembre 2014, François Hollande avait demandé aux partenaires sociaux de lancer une « concertation » en vue d’établir pour la rentrée 2015 une nouvelle grille de rémunération « fondée sur la qualification » et non sur l’âge.

Cette concertation « n’a pas abouti », a déploré mercredi Clotilde Valter.

Elle a toutefois estimé que le gouvernement ne devait pas reprendre la main: « Ce n’est pas l’État qui rémunère les apprentis, donc ce n’est pas à l’État de décider. Il faut un dispositif accepté par les partenaires sociaux. »

Le système actuel « est à la fois +archéo+ et injuste, mais en même temps, si vous le réformez, si vous le modernisez, si vous revalorisez et si ça coûte plus cher, c’est un frein possible à l’apprentissage », a-t-elle poursuivi.

« Les grandes entreprises et les secteurs qui peuvent se le payer, parce qu’ils ont les moyens, ils le font, (mais) l’artisan qui fonctionne avec son épouse et son apprenti, qui s’en sort limite, il peut ne plus prendre d’apprenti » si le salaire minimum augmente, a mis en garde la secrétaire d’État.

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