Après la grève au Park Hyatt Vendôme, la CGT déboutée en appel

PARIS, 30 janvier 2019 (AFP) – La CGT, qui avait fait appel d’un jugement du 12 octobre, rendu en référé sur l’exercice du droit de grève au palace parisien Park Hyatt Vendôme, a été déboutée la semaine dernière de ses demandes, a annoncé mercredi la direction de l’hôtel.

La cour d’appel de Paris, dans un arrêt daté du 24 janvier, relève « plusieurs irrégularités » et de « graves abus dans l’exercice du droit de grève de la part des représentants du personnel » au cours de ce conflit l’automne dernier, a souligné la direction dans un communiqué.

« Ce jugement conforte le Park Hyatt Paris-Vendôme dans la légitimité des actions qu’il a menées en justice sur la violation de la liberté de travail et sur l’occupation abusive de l’hôtel durant cette grève », se félicite la direction, en « saluant cette décision judiciaire qui confirme que l’établissement a agi dans le respect du droit de grève ».

Mené par les personnels du nettoyage (femmes et valets de chambre, gouvernantes…), salariés d’un sous-traitant, le conflit au Park Hyatt Vendôme, palace de la très chic rue de la Paix, avait duré 87 jours, du 25 septembre au 21 décembre. La grève avait été levée après qu’un accord sur des hausses de salaires et l’élection de représentants du personnel avait été conclu avec l’hôtel et la société sous-traitante STN.

Dans son arrêt, dont l’AFP a obtenu copie, la cour d’appel note que « la liberté de circulation » des élus du personnel et des délégués dans l’établissement pendant une grève « ne doit pas être utilisée aux fins d’exercer des actions revendicatives ».

« En outre », ajoute la cour, « le droit de grève n’emporte pas celui de disposer des lieux de travail ». Et « l’occupation des lieux de restauration de l’hôtel » a été « constitutive d’un trouble manifestement illicite » car elle a porté « une atteinte évidente à l’image de l’hôtel à l’égard de la clientèle ».

La cour a aussi interdit l’utilisation de « matériels sonores en deçà d’un périmètre de 200 mètres » autour de l’hôtel. Elle a condamné la CGT à verser à l’hôtel « une indemnité de 1.500 euros ».

Dénonçant des « entraves au bon fonctionnement » des institutions représentatives du personnel, le syndicat avait assigné début octobre la direction de l’hôtel en référé. Mais dans sa décision du 12 octobre, dont l’AFP a obtenu copie, le tribunal de grande instance de Paris avait débouté la CGT et ordonné aux grévistes de « cesser tout agissement d’entraves à la liberté des salariés » ne participant pas au mouvement de grève.

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