Après la SNCF, la RATP lance jeudi l’élection de ses CSE

PARIS, 21 novembre 2018 (AFP) – Les salariés de la RATP sont appelés à partir de jeudi à élire leurs représentants dans les nouveaux conseils sociaux et économiques (CSE) du groupe de transport en commun, un scrutin qui débutera le jour où se terminera celui à la SNCF.

Comme dans le groupe public ferroviaire, les élections à la RATP se dérouleront pendant sept jours et pour la première fois par vote électronique. Les 45.000 électeurs de la régie désigneront leurs représentants qui siégeront dans 15 CSE.

Nouvelle instance de représentation du personnel, le CSE fusionne les anciennes instances: comité d’entreprise (CE), délégué du personnel (DP) et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). A la RATP, les CSE remplaceront « 11 CE, 80 DP et 16 CHSCT », a indiqué la direction.

Ce scrutin est organisé alors que la RATP a lancé au printemps un « plan de performance » sur 7 ans, notamment en vue de l’ouverture à la concurrence du marché autobus en Ile-de-France (à partir de 2025), selon la direction. Il prévoit d' »ajuster les effectifs dans les fonctions support, principalement par le non-remplacement des départs à la retraite », avait-elle expliqué en octobre. Un millier de postes doivent ainsi disparaître dans ces fonctions, d’après les syndicats.

Ces dernières semaines, les négociations, toujours en cours, sur la mise en oeuvre des CSE et le droit syndical ont suscité des critiques côté syndicats. Mi-octobre, les quatre organisations représentatives – CGT, Unsa, SUD et CFE-CGC – avaient accusé la direction de « tourner le dos au dialogue social ».

Les élections s’ouvrent sans qu’un accord n’ait été trouvé sur les représentants de proximité, ni sur les heures de délégation allouées aux représentants du personnel: « La direction propose quelque chose de très restreint », conduisant à « une destruction du dialogue de proximité », a dénoncé Hervé Techer de SUD-RATP.

Ce scrutin actualisera la répartition des forces syndicales. Depuis le précédent, en 2014, « complété par celui concernant certaines fonctions support fin 2016 », a précisé la direction, la CGT est en tête avec 30,43% des voix, devant l’Unsa (22,64%), SUD (15,39%) et la CFE-CGC (9,37%, ou 32,72% dans le seul collège encadrement).

Avec la réforme du Code du travail, la règle de l’accord majoritaire s’applique depuis le 1er mai: pour être valable, un accord d’entreprise doit être signé par un ou plusieurs syndicats représentatifs ayant obtenu plus de 50% des suffrages exprimés en faveur d’organisations représentatives au 1er tour des dernières élections professionnelles.

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