ArcelorMittal et Ilva d’accord sur un nouveau plan industriel

PARIS, 4 mars 2020 (AFP) – Le géant sidérurgique ArcelorMittal et le sidérurgiste italien Ilva sous administration judiciaire ont signé mercredi un avenant à l’accord de reprise d’Ilva, comportant un nouveau plan industriel avec des investissements dans des technologies bas carbone.

Il s’agit d’une nouvelle étape vers la conclusion positive de la reprise d’Ilva, plusieurs facettes de l’affaire devant encore être réglées d’ici à mai 2022, notamment en matière sociale et environnementale.

Le plan de rachat d’Ilva avait été conclu fin 2018, avec en jeu la reprise de près de 11.000 salariés dont 8.200 à Tarente (Pouilles, sud), l’un des sites parmi les plus pollués en Europe.

Mais ArcelorMittal avait annoncé début novembre son intention de se retirer, invoquant la perte d’une protection légale contre des possibles poursuites liées à l’environnement et des décisions de justice risquant d’entraîner la fermeture de hauts-fourneaux à Tarente.

Parallèlement à l’accord sur un nouveau plan de reprise, ArcelorMittal et les administrateurs d’Ilva ont conclu un accord séparé par lequel ils mettent fin à leur contentieux en justice, indique le groupe sidérurgique dans un communiqué.

ArcelorMittal renonce à sa demande de retrait de l’accord initial et les administrateurs d’Ilva à leur mise en demeure.

L’amendement à l’accord de reprise d’Ilva par ArcelorMittal intervenu fin 2018 « présente les termes d’un investissement significatif de sociétés publiques » italiennes dans AM InvestCo, le consortium mené par ArcelorMittal, indique le groupe sidérurgique dans un communiqué.

Cet accord forme « la base d’un important nouveau partenariat entre ArcelorMittal et le gouvernement italien », poursuit-il.

L’investissement du gouvernement italien interviendra le 30 novembre. S’il n’était pas exécuté à cette date, ArcelorMittal aurait un droit de retrait, moyennant une indemnité.

« Nous sommes satisfaits de l’accord qui assure immédiatement la continuité opérationnelle du site et pose les bases pour un projet de politique industrielle de grande ampleur de manière à conjuguer, grâce à d’importants investissements publics, le respect de la santé et de l’environnement, la protection de l’emploi et la garantie de perspectives concrètes de compétitivité », a commenté le ministre italien de l’Economie, Roberto Gualtieri, dans un communiqué.

« L’accord –qui lance la décarbonisation graduelle du site de Tarente– représente un exemple concret de ce que pourra signifier le +Green New Deal+ en terme de perspectives de croissance et de développement », a-t-il ajouté, en évoquant une transition du charbon vers le gaz et l’hydrogène, « premier pas vers une sidérurgie durable dont l’Italie entend être protagoniste ».

Le nouveau plan prévoit en effet la construction d’une unité de production d’acier par réduction directe (DRI) qui sera financée et exploitée par une société extérieure et d’un four électrique (EAF) qui sera construit par AM InvestCo.

Plusieurs syndicats italiens se sont montrés critiques au sujet de cet accord, estimant « que la stratégie du gouvernement n’était absolument pas claire concernant la dépollution, les perspectives industrielles et en terme d’emploi. A cette incertitude s’ajoute une totale inconnue sur la volonté des investisseurs, à commencer par ArcelorMittal, concernant leur engagement financier dans la nouvelle compagnie ».

Ils dénoncent également une augmentation des salariés au chômage technique.

La conclusion de l’accord de reprise d’Ilva est maintenant prévue en mai 2022, soumise à différentes conditions, selon le communiqué d’ArcelorMittal.

Parmi ces conditions figurent la finalisation de l’accord d’investissement, l’amendement du plan environnemental en fonction du nouveau plan industriel, la levée des saisies judiciaires sur le site de Tarente, l’absence de « mesures restrictives » imposées à AM InvestCo et un nouvel accord avec les syndicats.

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