Arjowiggins: « appel solennel » des salariés à l’Etat pour l’usine de Bessé-sur-Braye

 BESSÉ-SUR-BRAYE, 27 mars 2019 (AFP) – Les salariés de la principale papeterie d’Arjowiggins en France, à Bessé-sur-Braye (Sarthe), menacée de liquidation judiciaire, ont lancé mercredi un « appel solennel » à l’Etat pour soutenir un projet industriel « crédible et viable », a déclaré leur avocat Thomas Hollande.

« Nous lançons aujourd’hui un appel solennel à l’Etat pour trouver un financement à un projet industriel qui est crédible et viable », a annoncé l’avocat des salariés sur le site de Bessé, menacé de fermeture, où sont employées 580 personnes.

« Un business plan a été construit avec une offre de 400 salariés sur deux activités (…) Les salariés sont pleinement motivés et prêts à reprendre le travail et à commencer ce projet dès lundi », a poursuivi M. Hollande.

Le besoin de financement s’élève à « 40 millions d’euros »; l’Etat s’est dit prêt, selon M. Hollande, à « apporter la somme nécessaire, mais seulement à hauteur de 50% ». « Donc, aujourd’hui, de deux choses l’une: soit l’Etat trouve un investisseur privé pour apporter les 20 millions d’euros complémentaires, soit nous demandons à la Banque Publique d’Investissement (BPI), qui a annoncé cette semaine avoir réalisé un bénéfice record d’un milliard d’euros (…) d’apporter ces 20 millions d’euros », a-t-il dit.

« Nous demandons cet engagement de l’Etat et de la BPI parce que nous les tenons pour les principaux responsables, avec l’actionnaire Antalis (…) de la situation actuelle », a affirmé l’avocat, en explicitant ces accusations.

« Rien ne peut justifier que le site soit liquidé et que les salariés ne soient pas repris », a-t-il assuré, tout en estimant en substance qu’il y avait « très peu de chance » pour que ce projet aboutisse.

« On a des produits, on a une restructuration qui est en cours, qui peut donner ses fruits rapidement. Simplement, il faut nous donner l’opportunité de repartir. Ce qu’on attend de l’Etat, c’est le coup de pouce dont Thomas (Hollande) vient de parler et vraiment qu’on puisse redémarrer le plus tôt possible », a déclaré pour sa part Christophe Garcia, secrétaire du CE et délégué syndical CFE/CGC.

Le tribunal de commerce de Nanterre rendra sa décision sur l’avenir des trois papeteries Arjowiggins vendredi. Ces trois usines, qui appartenaient au groupe Sequana, ont été placées en redressement judiciaire le 8 janvier et emploient en tout près de mille personnes.

A Bessé-sur-Sarthe, les salariés craignent un placement en liquidation judiciaire de leur usine après le renoncement du seul candidat à la reprise des trois sites, le Suédois Lessebo, qui n’a pas pu finaliser son offre.

Les deux autres sites concernés sont dans une situation différente: deux offres ont en effet été déposées pour l’usine de Greenfield à Château-Thierry (75 salariés) et une pour celle du Bourray, près du Mans (270 emplois).

Lundi, des salariés d’Arjowiggins avaient occupé pendant cinq heures les voies TGV de la gare de Vendôme (Loir-et-Cher), entraînant de fortes perturbations du trafic.

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