Arjowiggins Security: Philippe promet de suivre « personnellement » le dossier

PARIS, 13 février 2019 (AFP) – Édouard Philippe s’est engagé mercredi à tenter « personnellement » de « trouver la meilleure solution » pour la papeterie Arjowiggins Security en Seine-et-Marne, tout en reconnaissant la situation « extrêmement délicate » de ce site en liquidation judiciaire qui emploie 240 salariés.

« Je m’engage à faire en sorte que l’État soit totalement mobilisé, il l’est (…) pour, quelles que soient les circonstances, essayer de trouver la meilleure solution », a affirmé le Premier ministre devant l’Assemblée nationale.

« Je vais m’y employer personnellement », a-t-il répondu au chef des députés Les Républicains Christian Jacob, élu de la circonscription où se trouve le site.

Dans l’usine de Jouy-sur-Morin (Seine-et-Marne), occupée depuis le 16 janvier par les salariés, ces derniers ont brûlé des stocks de papiers sécurisés destinés aux billets de banque, cartes grises et passeports, afin d’obtenir des conditions de licenciement « décentes ».

« Nous n’allons pas nous voiler la face: la situation est aujourd’hui extrêmement délicate », a souligné M. Philippe.

« Il nous faut donc vérifier et travailler dans le détail avec les ministres compétents qui ont évidemment toute ma confiance, avec l’ensemble des administrations et opérateurs de l’État qui peuvent venir au soutien de ces opérations, à la meilleure solution susceptible d’être trouvée compte tenu des perspectives sombres » de l’entreprise, a-t-il affirmé.

Arjowiggins Security avait été vendue en avril par le groupe papetier français Sequana au fonds d’investissement Blue Motion Technologies, détenu par le fonds germano-suisse Partner Capital Group.

« Quelques mois à peine après la reprise, Blue Motion Technologies n’a proposé aucun plan industriel crédible et a refusé d’octroyer le moindre euro pour remédier à une situation financière très dégradée », a déploré Édouard Philippe, quand les salariés dénoncent un repreneur « charognard ».

« Comment a-t-on pu laisser cette entreprise, avec la bénédiction des services de Bercy, aux mains d’un fonds voyou, un fonds qui aura été jusqu’à détourner les sommes versées par les salariés pour leur mutuelle de santé? », s’est scandalisé M. Jacob, rappelant que l’État, via la Banque publique d’investissement, avait injecté 250 millions d’euros dans Sequana ces dernières années.

Trois autres sites papetiers Arjowiggins, qui sont eux toujours détenus par Sequana, ont également été mis à l’arrêt début janvier et sont menacés. Employant plus de 900 personnes au total, ils se trouvent dans la Sarthe et dans l’Aisne.

map/jk/jlp