Arjowiggins: Sequana réfute l’illégalité de transferts d’argent avec des sociétés du groupe

RENNES, 11 avril 2019 (AFP) – Le groupe Sequana, propriétaire du papetier Arjowiggins, dont l’une des usines sarthoises a été liquidée et l’autre partiellement cédée, provoquant le licenciement de quelque 800 salariés, a démenti jeudi l’illégalité de transferts de fonds dont l’accusent les avocats des salariés.

« Les flux financiers entre Arjowiggins Papiers Couchés et Arjowiggins Le Bourray, d’une part, et les sociétés du groupe Sequana mises en cause, d’autre part, sont des flux courants et habituels intervenus à des conditions normales, principalement pour l’achat de matières premières indispensables à l’exploitation des usines d’Arjowiggins Papiers Couchés et Arjowiggins Le Bourray et également au titre d’accords de distribution en place depuis de nombreuses années », a indiqué le groupe dans un communiqué, sans préciser le montant de ces transferts.

« Il apparaît à la lecture du communiqué de la direction du groupe Sequana que celle-ci ne dément ni la réalité des flux financiers dénoncés, ni avoir eu connaissance du fait que ces mouvements de fonds sont intervenus postérieurement à l’état de cessation des paiements des sociétés Arjowiggins Papiers Couchés et Arjowiggins Le Bourray, ce qui suffit à caractériser leur illégalité », a réagi Me Thomas Hollande, l’un des avocats des salariés.

« L’expertise diligentée par le tribunal de commerce de Nanterre à la demande du procureur de la République permettra de faire toute la lumière sur ces flux financiers illicites et leurs conséquences dramatiques pour les salariés des sites de Bessé-sur-Braye et du Bourray », a-t-il ajouté.

Dans un courrier du 8 avril au PDG du groupe Sequana, Pascal Lebard, les avocats des salariés avaient fait état de mouvements de fonds, selon eux illicites, « intervenus entre la date de cessation des paiements des deux sociétés (Arjowiggins Papiers Couchés et Le Bourray, NDLR) et l’ouverture des procédures de redressement judiciaire à leur égard, au bénéfice de la société Antalis (autre filiale de Sequana, NDLR) et de la société Arjowiggins Sourcing pour un montant total supérieur à 20 millions d’euros ».

Ils rappellaient notamment que le code de commerce interdit « les paiements intervenus à compter de la date de cessation des paiements lorsque ceux qui ont traité avec le débiteur ont eu connaissance de la cessation des paiements », ajoutant que c’était « nécessairement le cas des sociétés Antalis et Arjowiggins Sourcing ».

Ces transferts ont selon eux « gravement entravé la poursuite de l’activité des entreprises à la suite de l’ouverture du redressement judiciaire et irrémédiablement compromis les chances de trouver un repreneur ».

Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé le 29 mars la liquidation judiciaire d’Arjowiggins Papiers Couchés à Bessé-sur-Braye et la cession partielle de l’usine du Bourray.

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