Ascométal: inquiets pour leurs emplois, des salariés bloquent l’usine de Leffrinckoucke

LEFFRINCKOUCKE, 22 septembre 2016 (AFP) – Assemblée générale, feu de pneus et musique militante: une centaine de salariés de l’usine de Leffrinckoucke (Nord) du fabricant français d’aciers spéciaux Ascométal, inquiets après l’annonce de futures suppressions d’emplois, ont bloqué l’entrée du site jeudi.

Les salariés de cette usine employant 472 personnes, en grève depuis le 13 septembre, s’opposent à la suppression annoncée par la direction d’Ascométal de 179 postes, sans doute d’ici la fin de l’année, pour « améliorer la compétitivité » du groupe.

« Nous étions en service minimal depuis plusieurs jours mais depuis le 16 septembre, plus rien ne sort de l’usine », a expliqué à l’AFP Yannick Devalckenaere, délégué syndical CGT et représentant du personnel au CCE d’Ascométal.

Les grévistes s’opposent au rachat en cours par le sidérurgiste de l’un de ses concurrents, le site de Vallourec à Saint-Saulve, près de Valenciennes. Une opération dont ils feraient les frais, soulignent-ils.

La production d’aciers spéciaux, notamment utilisés dans les roues et essieux des TGV, se concentrerait alors sur le site du Valenciennois. L’aciérie de Leffrinckoucke, située près de Dunkerque, devrait elle se reconvertir à partir de 2017 dans la fabrication de poudres d’acier pour le secteur automobile, pour un investissement de 25 millions d’euros.

« On ne voit pas pourquoi on devrait se sacrifier alors que notre bassin d’emploi, tout comme nos camarades du Valenciennois, est déjà très touché », ajoute le syndicaliste.

« On ne croit pas à leur projet, il ne tient pas la route: il existe déjà une forte concurrence sur ce secteur de la poudre d’acier et aucune étude concrète n’a été menée pour chercher un éventuel partenaire », affirme M. Devalckenaere, pour qui les promesses de la direction de nouvelles embauches « sont un mensonge ».

« C’est paradoxal de virer 179 personnes aujourd’hui et réembaucher pour une autre activité qui, en plus, ne démarrera concrètement pas avant 2019 », dit-il.

Une réunion doit se tenir vendredi à Paris au siège d’Ascométal entre salariés et direction pour parler des négociations en cours entre Ascométal et Vallourec, et discuter du versement d’une « prime de présence » pendant le conflit, réclamée par les grévistes.

Mi-juillet, le fabricant français de tubes sans soudure Vallourec avait annoncé être entré en négociations exclusives avec Ascométal pour la cession de 60% de l’acierie de Saint-Saulve (Nord) et la sauvegarde des 320 emplois de l’usine.

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