Ascométal: Le Maire juge « solides » les propositions de syndicats d’Hagondange

METZ, 31 janvier 2018 (AFP) – Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, va demander au groupe Schmolz + Bickenbach, lors d’une réunion vendredi, d’examiner « avec attention » les propositions « solides » des syndicats de l’aciérie Ascométal d’Hagondange (Moselle), menacée de fermeture, a-t-il annoncé mercredi à Metz.

Lors d’une visite à Metz, le ministre a rencontré six représentants syndicaux (CGT, CFDT et CFE-CGC) pour écouter leurs « inquiétudes » depuis l’annonce de la fermeture d’ici à deux ans de l’aciérie, prévue dans le plan de reprise du groupe suisse Schmolz + Bickenbach.

« Cette aciérie a des qualités spécifiques, elle produit un acier très particulier. Il n’y pas d’équivalent dans les autres aciéries européennes. Donc, il y a la possibilité de maintenir cette aciérie ouverte », a déclaré à la presse M. Le Maire après avoir rencontré les syndicats.

Lundi, le groupe helvétique de sidérurgie-métallurgie Schmolz + Bickenbach a été désigné par la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg comme repreneur du français Ascométal, en redressement judiciaire depuis novembre.

Le plan industriel prévoit également de fermer le train à fil à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et le laminoir à Dunes (Nord), ce qui entraînerait la suppression de 101 emplois, redoutent les syndicats. Sur le site mosellan, siège social d’Ascométal, « 35 postes seront supprimés » dans les prochaines semaines, selon eux.

L’entreprise Schmolz + Bickenbach envisage d’investir 25 millions d’euros pour restructurer le laminoir et le parachèvement, « ce qui est une bonne nouvelle pour le site et qui montre que Schmolz croit en l’avenir du site », selon le ministre. Quinze millions d’euros seraient nécessaires pour moderniser l’aciérie, menacée de fermeture, a calculé la CGT.

« Je vais me faire l’avocat auprès du président de Schmolz (Clemens Iller) de ces remarques et des propositions des salariés qui sont solides, qui méritent d’être étudiées », lors d’une réunion vendredi matin, a-t-il dit.

« Avant de fermer l’activité, il faut réfléchir à deux fois. On sait bien qu’après, elle ne rouvre pas. Donc, ce sont des décisions à peser avec beaucoup d’attention », a-t-il ajouté.

« L’offre peut toujours être améliorée », a estimé le ministre.

La CGT, qui observe un mouvement de grève depuis mercredi matin et reconduit jeudi, a soulevé « le risque de perte de clients » dans le transfert de production vers les aciéries du groupe suisse en Allemagne et « l’impact écologique ».

« Il y a 250.000 tonnes d’acier liquide qui ont été produits l’an dernier à Hagondange, principalement pour l’automobile, mais aussi pour l’armement. Ce sont des ressources stratégiques », a souligné Yann Amadoro, élu CGT à Ascométal.

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