Assignée par EDF, la CFE Énergies dénonce une volonté de la « faire taire »

PARIS, 3 octobre 2016 (AFP) – La CFE Énergies, deuxième syndicat chez EDF, s’est élevée lundi contre une volonté de la « faire taire » après avoir été assignée en référé par EDF, Enedis et GRDF, qui lui demandent de suspendre sa communication en vue des élections professionnelles de novembre.

La « CFE Énergies bâillonnée (…) bafouée (…) censurée », s’indigne le syndicat dans un communiqué, en dénonçant une « atteinte aux libertés fondamentales ».

Les trois entreprises, EDF, Enedis et GRDF, reprochent à la fédération d’avoir lancé sa campagne pour les élections professionnelles à la mi-septembre, sans attendre le début de la campagne « dite officielle », fixé au 18 octobre pour EDF et au 14 octobre pour Enedis, sa filiale distribution, ainsi que pour GRDF, a précisé à l’AFP William Viry-Allemoz, secrétaire général de la CFE Énergies.

Les salariés de ces trois entreprises, comme ceux des autres entreprises de la branche des industries électriques et gazières, sont appelés à élire leurs représentants -délégués du personnel (DP) et élus au comité d’entreprise (CE)- le 24 novembre. Ce scrutin déterminera l’audience des syndicats pour les trois années à venir.

« Depuis la mi-septembre, nous diffusons des tracts d’information sur les compétences du CE, des DP, le marché de l’énergie », a poursuivi M. Viry-Allemoz. Ces tracts ne sont « ni polémiques, ni injurieux, ni diffamatoires », a-t-il assuré.

« On l’a déjà fait » lors des dernières élections en 2013 « sans que ça pose de problème particulier », a ajouté le responsable syndical. « C’est la première fois que ça arrive », a-t-il dit, à propos de l’assignation en référé. « Pourquoi nous et pas les autres (syndicats) qui ont aussi démarré d’une certaine manière leur campagne? » s’est-il demandé.

Pour lui, cette procédure est liée au « positionnement » de la CFE Énergies sur le projet Hinkley Point, porté par EDF. Avec la CGT et FO, la CFE a essayé pendant de longs mois d’obtenir le report du lancement de ce chantier de construction de deux réacteurs EPR en Angleterre, sans succès.

« Je pense qu’on dérange », a estimé M. Viry-Allemoz. « On sent une volonté de mettre au pas la CFE-CGC, de nous faire taire. »

Deux audiences sont programmées mardi et une le 10 octobre.

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