Assistants médicaux: la négociation entre Sécu et syndicats se tend

 PARIS, 7 février 2019 (AFP) – Les syndicats de médecins libéraux ont coupé court jeudi à leur deuxième séance de négociations sur les futurs « assistants médicaux », dénonçant la « vision productiviste » de l’Assurance maladie, qui évoque un « malentendu » et rappelle que l’augmentation du nombre de patients suivis est une contrepartie demandée par Emmanuel Macron.

Le chef de l’État avait promis en septembre de financer au moins 4.000 postes d’assistants médicaux pour permettre aux praticiens d’assurer la « prise en charge de nouveaux patients », le « raccourcissement des délais d’attente » et l’organisation de consultations sans rendez-vous.

La négociation ouverte fin janvier est rapidement entrée dans le vif du sujet: la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a précisé jeudi matin quelles pourraient être les « spécialités éligibles », les « conditions et contreparties », ainsi que les « bénéfices attendus », selon un document dont l’AFP a obtenu copie.

C’est ce dernier point qui a suscité l’ire des syndicats. La Cnam a en effet calculé qu’un assistant réalisant des tâches à la fois administratives et soignantes libèrerait « 12 heures minimum de temps médical par semaine et par médecin », soit « 594 patients (et) 2.256 consultations supplémentaires en moyenne par an ».

Dans le document de la Cnam, un exemple est cité ayant permis de passer « de trois à six consultations par heure ».

Les cinq organisations représentatives et les syndicats de jeunes médecins ont réagi en suspendant la négociation.

« Les médecins ne peuvent partager cette vision productiviste de leur activité », a réagi la CSMF, tandis que MG France a déploré une « absence d’ambition » et une « recherche effrénée de productivité ».

« Une réunion intersyndicale est d’ores et déjà programmée pour le mercredi 13 février » afin de « formuler une contre-proposition réaliste lors de la prochaine séance de négociation » prévue le 20 février, a indiqué le SML.

Un coup de sang collectif qui « relève d’un malentendu », a déclaré à l’AFP le directeur de la Cnam, Nicolas Revel.

« Ce ne sont pas des propositions mais des éléments de repères », a-t-il expliqué, assurant qu’il « ne porte pas une vision hyper-productiviste ».

Mais en échange de l’aide financière prévue pour les assistants médicaux, « on demandera aux médecins un nombre de patients supplémentaires et les choses seront fixées de façon précise », a-t-il ajouté.

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