Assistants médicaux: les syndicats posent leurs conditions

PARIS, 13 février 2019 (AFP) – Tous les syndicats de médecins libéraux en négociation avec l’Assurance maladie ont réclamé mercredi un financement « pérenne » pour les futurs « assistants médicaux » promis par le gouvernement, en contrepartie d’une possible augmentation du nombre de patients suivis.

Annoncé en septembre par Emmanuel Macron dans le cadre du plan santé, le déploiement à l’horizon 2022 de quelque 4.000 assistants médicaux – entre le secrétaire et l’aide-soignant – doit permettre de libérer du temps médical et de favoriser la « prise en charge de nouveaux patients ».

Une négociation s’est ouverte fin janvier entre les syndicats de médecins libéraux et l’Assurance maladie pour déterminer les missions de ce nouveau métier et ses conditions de financement.

Réunis mercredi en intersyndicale, les syndicats représentatifs (CSMF, MG France, FMF, SML), alliés aux organisations de jeunes, d’internes et d’étudiants (Anemf, Jeunes médecins, Isni, Isnar-IMG, etc.) participant à la négociation comme observateurs, ont défini leurs conditions.

Dans un communiqué commun, ils demandent « que l’Assurance maladie s’engage à accompagner financièrement les médecins qui souhaitent avoir un assistant médical dans leur cabinet » et exercent de manière coordonnée, « sans modèle unique ».

Ce financement doit « être pérenne » et « prendre en compte les contraintes immobilières et la formation des assistants ».

Les bénéfices attendus en retour pourront se mesurer, pour les médecins traitants (généralistes), à travers « le nombre de patients » pris en charge « en priorisant les patients en ALD (malades chroniques couverts à 100%, ndlr) ou les patients de plus de 70 ans qui ne trouvent pas de médecin traitant ».

De même, pour les médecins spécialistes, le nombre de patients différents « vus dans l’année » devra être pris en compte.

Les organisations syndicales réclament en outre la mise en place d' »un observatoire » du déploiement des assistants médicaux » pour « en optimiser l’impact auprès de la population ».

Elles ont formulé ces revendications une semaine après avoir suspendu la négociation, dénonçant la « vision productiviste » de l’Assurance maladie.

Cette dernière, qui plaide un « malentendu », avait calculé dans un document qu’un assistant réalisant des tâches à la fois administratives et soignantes libèrerait « 12 heures minimum de temps médical par semaine et par médecin », soit « 594 patients (et) 2.256 consultations supplémentaires en moyenne par an ».

Un exemple était cité ayant permis de passer « de trois à six consultations par heure ».

Une nouvelle réunion est prévue le 20 février.

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