Assurance-chômage: discussions « dans les semaines qui viennent » pour des décisions « d’ici l’été », selon Pénicaud

PARIS, 4 juin 2020 (AFP) – Des discussions sur l’assurance-chômage vont s’ouvrir « dans les semaines qui viennent » avec les organisations syndicales et patronales, pour parvenir à des décisions « d’ici l’été », a annoncé Muriel Pénicaud, ministre du Travail, à l’issue d’une réunion à l’Elysée sur les solutions à trouver en termes d’emploi face à l’épidémie.

Ces discussions permettront de s’accorder sur « les critères ou les mesures à adapter pour tenir compte du contexte » de la crise, de même que sur la date d’application, a-t-on indiqué au ministère du Travail.

Alors que toutes les organisations syndicales réclament l’annulation de cette réforme, « les choses sont très, très ouvertes sur l’assurance-chômage », a précisé le ministère.

Le deuxième volet de cette réforme, qui devait entrer en vigueur le 1er avril, a été reporté par le gouvernement au 1er septembre au moment du confinement. Il durcit le calcul de l’allocation pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes de chômage, ce qui concerne en premier lieu les travailleurs précaires.

Son premier volet est en vigueur depuis novembre, avec un durcissement de l’ouverture des droits (il faut avoir travaillé six mois sur les 24 derniers, contre quatre sur 28 auparavant) et de leur rechargement (passé d’un mois à six mois de travail).

Interrogés par l’AFP, Laurent Berger (CFDT), Philippe Martinez (CGT) et Yves Veyrier (FO) ont indiqué avoir insisté auprès d’Emmanuel Macron sur l’abandon de cette réforme.

Le président de la République « n’a rien dit sur le sujet », a dit Philippe Martinez. Pourtant « c’est simple de dire: on annule, on verra plus tard », a-t-il ajouté.

Lors de la réunion, Emmanuel Macron « a dit très clairement qu’il y avait des éléments de la réforme sur lesquels il fallait revenir », a de son côté assuré Laurent Berger. « On a compris que la durée d’affiliation était parmi ces éléments. L’affiliation, c’est ce qui frappe de plein fouet de nombreux travailleurs, et particulièrement les jeunes », a-t-il ajouté.

Yves Veyrier, pour sa part, a « compris qu’on pourrait poursuivre plus longtemps la suspension » de certaines dispositions de la réforme.

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