Assurance chômage: Gattaz ne veut pas négocier sous « pression » du calendrier électoral

PARIS, 13 décembre 2016 (AFP) – Le président du Medef Pierre Gattaz a estimé mardi que les négociations sur l’assurance chômage, bloquées depuis plusieurs mois, ne devaient pas être soumises à la « pression » de l’élection présidentielle, la signature d’un accord avant mai n’étant pas impérative, selon lui.

« Je ne veux pas qu’on se mette une pression particulière par rapport à l’élection présidentielle », prévue les 23 avril et 7 mai prochains, a assuré le responsable de l’organisation patronale lors d’une conférence de presse.

Si une solution est trouvée « avant mai, tant mieux, si c’est après mai, tant pis », a-t-il ajouté, jugeant nécessaire d’avoir au préalable un « diagnostic » et « une vision partagée » entre les partenaires sociaux sur les défis posés à l’assurance chômage.

« Ce qui est important, c’est ce constat », a insisté M. Gattaz, disant espérer que les partenaires sociaux soient « suffisamment pragmatiques et responsables pour réussir cette phase » de diagnostic, nécessaire avant de « trouver une solution »

« Si on le fait pas, on prouvera à la France et aux Français que sur des sujets majeurs de responsabilité, du paritarisme, on ne sait pas se mettre d’accord, et ça ce n’est pas très bon », a-t-il poursuivi.

Les négociations entre les syndicats et le patronat sur l’assurance chômage sont bloquées depuis le mois de juin, le Medef s’opposant à une demande des syndicats qui souhaitent moduler les cotisations sur les contrats courts.

Bousculés par le calendrier électoral et les critiques sur l’efficacité du paritarisme, le Medef et ses partenaires sociaux ont toutefois renoué le dialogue début décembre, en se donnant deux mois pour relancer les négociations.

Trois séances doivent se tenir, du 4 janvier au 8 février, pour dresser un « diagnostic partagé » souhaité par le Medef. Une réunion est ensuite programmée le 15 février pour dire s’il y a matière ou non à rouvrir les négociations au sens propre.

Faute d’accord, le gouvernement a dû prolonger cet été la convention signée en 2014, tout en poussant les partenaires sociaux à se remettre autour de la table, sans succès jusque-là, certains syndicats accusant le Medef de « jouer la montre » avant le scrutin.

Une accusation rejetée par Pierre Gattaz, pour qui la réforme de l’assurance chômage, qui croule sous un déficit de plus de quatre milliards d’euros et une dette record de 30 milliards, doit être l’occasion d’une réflexion « de fond », notamment pour mettre fin aux « dysfonctionnements » qui fragilisent ce dispositif.

« Ceux qui abusent du système, vous savez, il y en a beaucoup. J’en vois toutes les semaines, qui prennent de longues vacances payées par l’assurance chômage alors qu’ils sont dans des bassins d’emploi où il y a du travail », a-t-il assuré, évoquant « un problème de justice ».

Le patron des patrons a toutefois reconnu que ces situations n’étaient pas « majoritaires ». Il faut régler ce problème « en faisant très attention aux populations fragiles, à ceux qui ont vraiment un problème, et il y en a beaucoup », a-t-il ajouté.

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