Assurance chômage: l’accord divise au sein du Medef

PARIS, 29 mars 2017 (AFP) – L’accord sur l’assurance chômage auquel sont arrivés les partenaires sociaux mardi soir divise au sein du Medef, où le président de la Fédération française du bâtiment (FFB) Jacques Chanut a démissionné du bureau du pôle social.

« Une ligne rouge a été franchie: c’est un signe bien négatif à envoyer aux entrepreneurs et aux artisans de France, que de penser qu’une hausse de cotisations, même provisoire, va restaurer l’équilibre du système », a déclaré mercredi M. Chanut à l’AFP.

Le président de la FFB a démissionné mardi soir du bureau du pôle social du Medef en signe de mécontentement vis-à-vis de l’accord conclu un peu plus tôt, sur l’assurance chômage.

« Nos organisations n’arrivent pas à sortir de ces habitudes ancestrales qui créent du chômage. Or pour que l’emploi reparte, il faut rendre nos entreprises plus compétitives, en baissant les charges et en simplifiant le droit du travail », a-t-il poursuivi.

Dans un communiqué, le Groupement des professions de services (GPS), qui regroupe 27 fédérations, a dit « prendre acte » de l’accord paritaire mais « regretter que plusieurs dispositions pénalisent notoirement les services », en particulier le maintien de la taxation des CDD d’usage.

« Le modèle économique des entreprises utilisatrices de ces contrats est fondé sur la flexibilité, seul moyen de répondre aux flux aléatoires ou ponctuels des consommateurs et des entreprises donneurs d’ordre », explique le GPS.

« Dans un pays qui connait un chômage record, sont ainsi pénalisés des secteurs pourvoyeurs d’emplois… Plus qu’un paradoxe, une faute ! », ajoute-t-il, appelant à l’ouverture d' »une véritable concertation pour une réforme plus ambitieuse de l’organisation du travail (…) dans laquelle le sujet majeur des contrats courts aurait toute sa place ».

– ‘Marché de dupes’ –

L’Umih (hôtellerie-restauration) a aussi jugé que l’accord n’était « pas satisfaisant » et qu’il s’agissait d' »un marché de dupes ».

« On a la triple peine », a déploré Thierry Grégoire, président de la branche saisonniers et lui aussi membre du bureau du pôle social du Medef. « Aujourd’hui la base ne comprend pas que ce soit une partie des entreprises et des salariés qui soient appelés à la cause », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Le combat n’est pas terminé », a affirmé le responsable, jugeant que le débat devrait continuer au Medef et qu’une négociation pourrait être possible avec le prochain gouvernement.

Les partenaires sociaux sont parvenus au terme d’âpres négociations, à un projet d’accord que quatre syndicats pourraient signer.

Le patronat a partiellement cédé sur un point majeur de la négociation en maintenant pendant 18 mois la surcotisation sur les CDD d’usage, qu’il voulait au départ supprimer immédiatement en échange d’une légère hausse des cotisations chômage des employeurs. Ces contrats, sans limitation ni de durée, ni de renouvellement, sans délai de carence et sans versement d’indemnité de fin de contrat, sont autorisés dans une trentaine de secteurs.

Les négociateurs CFDT et FO ont jugé le texte « équilibré » et le défendront dans les jours qui viennent devant leurs instances, de même que celui de la CFTC. Celui de la CFE-CGC a « pris bonne note » des avancées concernant les cadres, tandis que la CGT a jugé « peu probable » de signer un texte « sexiste, anti-travailleurs pauvres et anti-vieux ».

Le président François Hollande s’est félicité de ce dénouement, jugeant que « le dialogue social dans notre pays en sort renforcé ».

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