Assurance chômage: les principaux chiffres de l’Unédic

 PARIS, 21 septembre 2018 (AFP) – La lettre de cadrage des négociations sur l’assurance chômage, qui sera remise aux organisations patronales et syndicales, comprendra des objectifs en matière de trajectoire financière pour l’Unédic, l’organisme gestionnaire. Voici un point sur ses résultats, son endettement et son financement.

L’Unédic est une association paritaire créée en 1958 par le patronat et les syndicats, et gérée par ces derniers.

– Retour à l’équilibre en 2019:

Les finances de l’Unédic sont vulnérables à la conjoncture économique. L’association se retrouve déficitaire en période de crise puisque d’un côté, son financement dépend de la masse salariale (qui baisse en période de crise), et de l’autre, elle reverse des indemnités à des chômeurs (qui augmentent en période de crise). Pour compenser, elle recourt à l’emprunt en période de crise.

L’association table sur un quasi équilibre en 2019, grâce à un retour de la croissance, mais aussi aux nouvelles règles de la dernière convention signée en avril 2017, entrées en vigueur en octobre de la même année. Elle doivent permettre une économie sur les allocations de 1,3 milliard en 2019, grâce notamment à des modifications du calcul de l’indemnisation des salariés enchaînant des contrats courts ou à la réduction de la durée d’indemnisation des 50-55 ans.

Le déficit de l’Unédic (solde recettes/dépenses):

2008: + 4,5 milliards

2017: – 3,5 milliards

2018: – 1,4 milliard (prévision)

2019: – 129 millions

2020: + 1,6 milliard

2021: + 3,58 milliards

– Creusement de la dette depuis 2008 :

Conséquence de la crise, l’Unédic a vu son endettement (cumul des déficits) se creuser depuis 2008.

2008: 5 milliards

2017: 33,54 milliards enregistrés

2018: 34,91 milliards (prévision)

2019: 35 milliards

2020: 33,4 milliards

2021: 29,8 milliards

– Modification du financement :

Jusqu’en janvier, il provenait de cotisations prélevées sur le salaire brut dans le secteur privé: 4,05% versés par l’employeur et 2,4% par le salarié.

Cette année a donné lieu à un changement en deux temps. Entre janvier et septembre, la cotisation employeur est restée inchangée, et celle des salariés a baissé à 0,95%. A partir d’octobre, la cotisation salarié sera supprimée et compensée par la TVA, puis à partir de 2019, par la CSG.

Le financement permet de verser, entre autres, des allocations chômage et contribuer au budget de Pôle emploi, l’Unédic versant chaque année 10% des cotisations, soit 3,4 milliards prévus cette année.

– Surcoût lié à la loi « Avenir professionnel »:

Promulguée en août, elle crée de nouveaux droits pour le salariés démissionnaires et certains travailleurs indépendants, et prévoit une nouvelle organisation des contrôles et sanctions des demandeurs d’emploi. Ces évolutions réglementaires entraîneraient un surcoût annuel de 280 à 570 millions en régime de croisière, selon l’Unédic.

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