Assurance chômage: malgré l’accord, Macron « ne renonce pas » à sa réforme, selon son entourage

PARIS, 29 mars 2017 (AFP) – Malgré le compromis trouvé par les partenaires sociaux, Emmanuel Macron n’a « aucune raison de renoncer » à sa réforme de l’assurance chômage, qui deviendrait, s’il est élu, un régime universel « piloté » par l’Etat, a indiqué mercredi son équipe.

A moins d’un mois de la présidentielle, les partenaires sociaux sont parvenus mardi à un accord modifiant plusieurs paramètres de l’assurance chômage, comme le niveau de cotisations patronales, les conditions d’affiliation au régime, la formule de calcul des allocations et les règles d’indemnisation des seniors.

Si l’accord est un « signe de responsabilité de la part des partenaires sociaux », il « ne doit pas une seconde nous interdire de continuer sur la piste qu’on a ouverte », a déclaré à l’AFP Jean Pisani-Ferry, directeur du programme du candidat d’En Marche !

« Ce qu’Emmanuel Macron porte, c’est une réforme plus profonde de l’assurance chômage, donc il n’y a aucune raison d’y renoncer ou de l’infléchir », a-t-il insisté, voyant dans le compromis syndicats-patronat un simple « accord de gestion ».

M. Macron, favori des sondages, veut instaurer une assurance chômage universelle, ouverte aux démissionnaires et aux indépendants. Cela passerait par une reprise en main du régime par l’Etat.

L’assurance chômage, aujourd’hui gérée paritairement, basculerait dans une gestion « tripartite », avec « un pilotage assumé par l’Etat », sans toutefois « exclure les partenaires sociaux », a précisé Jean Pisani-Ferry.

« Ce n’est pas une nationalisation pure et simple », mais « il faut redéfinir les rôles de chacun », a-t-il ajouté.

En attendant, Emmanuel Macron agréerait-il la convention s’il était élu président ? Son équipe ne se prononce pas. « Ce ne serait pas responsable de dire qu’on agrée un accord sans l’avoir étudié. L’accord, dans ses grandes lignes, ne pose pas de problèmes, mais il faut examiner l’ensemble pour se prononcer », a expliqué M. Pisani-Ferry.

Qu’il l’agrée ou pas, M. Macron compte, selon le directeur de son programme, utiliser les nouveaux paramètres déterminés par les partenaires sociaux comme « base pour construire » sa réforme.

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