Assurance-chômage : Philippe dit sa « confiance » dans les partenaires sociaux malgré l’arrêt des négociations

PARIS, 30 janvier 2019 (AFP) – Édouard Philippe a dit mercredi sa « confiance » dans les partenaires sociaux pour « trouver des solutions » sur les règles de l’assurance-chômage, malgré des négociations à l’arrêt après le départ du patronat.

Le Premier ministre a également confirmé que la lutte contre la précarité et les contrats courts, pomme de discorde des négociations, restait un des objectifs fixés par l’exécutif, dont la lettre de cadrage « reste valable ».

« J’ai confiance dans les organisations syndicales et patronales », a déclaré M. Philippe, reconnaissant leur « mission très difficile » pour parvenir à un accord, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

« C’est à elles qu’il revient de définir les façons, les instruments, les moyens pour faire en sorte que notre système d’indemnisation du chômage puisse être à nouveau équilibré, puisse payer la dette qui a été cumulée », qui avoisine les 30 milliards d’euros, « puisse favoriser le retour à l’emploi et puisse, en tout état de cause, favoriser la pérennité des contrats et +désinciter+ à la précarité des contrats », a-t-il insisté.

Face aux difficultés des négociations, le gouvernement aurait pu annoncer qu’il reprenait la main plus tôt que prévu ou prendre acte de l’impasse actuelle, les organisations syndicales et patronales s’étant données jusqu’à fin février pour parvenir à un accord. Faute de compromis dans un mois, le dossier doit alors revenir au gouvernement, qui aura la responsabilité de la réforme.

« Nous vivons un moment où beaucoup d’organisations syndicales et patronales aspirent à montrer l’importance qu’elles ont, le rôle essentiel qu’elles jouent dans notre vie sociale. C’est à elle de relever le défi, je leur fais confiance », a encore affirmé M. Philippe.

Les organisations patronales ont suspendu lundi leur participation à la négociation sur l’assurance chômage, fâchées par la « détermination » d’Emmanuel Macron à mettre en place le « bonus-malus » sur les contrats courts réclamé par les syndicats pour lutter contre la précarité.

Faite jeudi dans la Drôme, cette déclaration, en pleine négociation sur l’assurance chômage, a fortement irrité le Medef, la CPME (représentant les PME) et l’U2P (artisans, commerçants, professions libérales). Les trois organisations ont annoncé lundi la suspension de leur participation aux discussions.

La réunion prévue jeudi a été annulée, ont confirmé à l’AFP mercredi des sources patronale et syndicales.

Ce rendez-vous était important, puisque le patronat devait présenter un texte global sur tous les points délicats, dont la lutte contre les contrats courts, la gouvernance du système et les règles d’indemnisation.

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