Au Mondial des métiers, BTP et textile tentent de séduire les jeunes

CHASSIEU, 2 février 2018 (AFP) – « Donner envie aux jeunes » en valorisant l’apprentissage à l’heure où le gouvernement planche sur sa réforme: au Mondial des métiers près de Lyon, le BTP ou le textile, qui peinent à recruter, se mettent en scène pour attirer les vocations.

Sur le stand du BTP, Léo, 14 ans, attend son tour pour essayer un simulateur de pelle mécanique. Depuis deux ans, il a envie de faire une formation de conducteur de chantier, comme son père. En apprentissage, « pour pas rester au lycée et parce que c’est très important pour trouver du boulot », assure-t-il.

« Les jeunes viennent pour la conduite d’engins, c’est un rêve de gosses. Après, on leur explique qu’il faut faire avant les métiers de base, comme constructeur de route ou de canalisation », explique Michel Fargier, formateur au CFA de Livron (Drôme).

Ancien conducteur de travaux, il a « envie de transmettre la passion du métier ». Et met en avant « la reprise de l’activité » depuis cet été, le « salaire » et « la facilité d’avoir des promotions car les entreprises aiment avoir une pépinière de jeunes qui deviendront chefs d’équipe ou de chantier ».

« Jusqu’à présent, on avait des jeunes en échec scolaire », constate celui qui combat l’idée qu’on fait un métier manuel « parce qu’on n’a pas réussi à l’école ». « Mais c’est difficile de faire passer le message ».

Pourtant, ceux qui ont une bonne formation de base sont « plus autonomes » et « c’est ce que recherchent les entreprises pour pouvoir s’adapter » à la transition numérique et aux nouvelles technologies, souligne-t-il.

Depuis la crise de 2008, les entreprises du bâtiment avaient « énormément réduit » leurs demandes d’apprentis mais désormais, « elles en cherchent et n’en trouvent pas », renchérit Georges Siaux, président de la commission formation de BTP Rhône/Métropole.

– ‘Fort potentiel de recrutement’ –

Le Mondial des métiers, dont la 22e édition présente jusqu’à dimanche plus de 700 professions à Eurexpo, est pour ce responsable une vitrine de la « garantie d’un emploi » derrière l’apprentissage, d’une durée de deux à six ans.

« La modélisation des données du bâtiment avec la 3D (BIM), la rénovation énergétique ou l’utilisation de drones sur les chantiers, ça intéresse beaucoup et il y a un fort potentiel de recrutement », assure-t-il.

Avec quatre autres élèves en brevet professionnel au CFA des Compagnons du devoir de Vaise près de Lyon, Elliott, 23 ans, montre, lui, comment poser des ardoises sur une toiture. Il voulait être charpentier mais a finalement choisi de devenir couvreur-zingueur « car c’est plus facile de trouver un travail ».

L’industrie textile souffre aussi d’une « mauvaise image auprès des jeunes » qui l’assimilent souvent « aux délocalisations », déplore Pierric Chalvin, délégué général d’Unitex, organisation professionnelle de la filière en Auvergne-Rhône-Alpes, premier bassin d’emplois dans le textile.

« Tout l’enjeu est de démontrer que la réalité a évolué », explique celui qui vante une « filière innovante » forte de 600 entreprises dans la région, dont des « leaders mondiaux » comme Hexcel (matériaux composites avancés) ou Thuasne (dispositifs médicaux).

Et depuis 2016, l’activité redémarre aussi. « On a besoin de personnes polyvalentes pour intervenir sur des machines dernière technologie, les formations du CAP au Bac+5 répondent à cette demande, mais le problème est qu’on ne trouve pas », constate-t-il.

Sur le stand, un panneau détaille ces innovations pour attirer l’oeil. Tout comme des mannequins arborant une robe en velours dévoré, une ceinture lombaire, un maillot de cyclisme en « smart textile » (équipé de technologies, NDLR) et des chaussures en semelles de carbone, symboles de l’évolution des matériaux.

Le Mondial des métiers avait attiré près de 117.000 visiteurs en 2017.

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