Automobile: des salariés de GM&S investissent les Champs-Élysées

PARIS, 19 avril 2017 (AFP) – Environ 150 salariés du fabricant de pièces automobiles GM&S de La Souterraine (Creuse) se sont invités mercredi sur les Champs-Elysées pour « demander du travail » à leurs principaux donneurs d’ordre PSA et Renault, a constaté une journaliste de l’AFP.

GM&S Industry, spécialisé dans la fabrication de pièces pour l’industrie automobile et l’un des premiers employeurs du département (283 personnes), a été placé en redressement judiciaire le 2 décembre. Il est sous observation jusqu’au 23 mai.

Les manifestants, en tenue de travail grise et bleue, sont restés une heure devant le showroom de Renault, où la police a fait usage de lacrymogènes pour les empêcher d’entrer, avant de rejoindre celui de PSA, fermé par précaution.

A grand renfort de trompes, klaxons et pétards, ils ont brièvement entravé la circulation sur les Champs-Elysées, puis autour de l’Arc de triomphe, avant de gagner l’usine PSA de Poissy (Yvelines) où les manifestants entendent rester « au moins jusqu’à jeudi ».

Depuis le début d’après-midi, ils ont entrepris de bloquer les entrées des camions dans l’usine, selon la direction du site interrogée par l’AFP, la CGT affirmant que les sorties sont elles aussi empêchées. Pour autant, « la production se fait normalement », précise la direction.

Le DRH du groupe, Xavier Chéreau, a dénoncé auprès de l’AFP une situation « inacceptable », « de nature à remettre en cause la contribution de PSA qui a toujours initié une dynamique positive ». Le groupe affirme être le seul à avoir maintenu son niveau de commandes quand « les autres clients ont sciemment abandonné GM&S », selon un porte-parole.

Une délégation devait être reçue dans l’après-midi. Début avril, le PDG de PSA, Carlos Tavares, avait déjà rencontré les organisations syndicales.

Sur les Champs-Elysées, les ouvriers ont distribué aux touristes des tracts expliquant leurs difficultés. Avec sur leur dos les slogans publicitaires des deux constructeurs (« Les immanquables PSA » et « La French Touch de Renault ») accompagnés de l’inscription: « la casse d’une entreprise planifiée ».

Leur revendication: que les donneurs d’ordre, déjà cible de plusieurs actions ces dernières semaines, augmentent leur volume de commandes à hauteur de 40 millions d’euros, contre 15 millions actuellement, selon la CGT.

« On demande du travail, rien de plus, à Renault et PSA », résume Guy Decars, entré chez GM&S en 1975.

Une seule offre de reprise, venant du groupe GMD, permettrait pour l’heure de conserver « entre 90 et 100 personnes », selon le délégué CGT Yann Augras.

Mais celle-ci « peut évoluer, tout dépend de Renault et PSA », veut croire un salarié.

« On est sûr qu’il va y avoir une grosse casse sociale », mais « on se bat pour essayer de gagner quelques personnes », précise Christophe Bailly, 52 ans, qui redoute de vivre prochainement un quatrième licenciement.

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