Automobile: des syndicats de PSA dénoncent un « climat social très dégradé »

PARIS, 9 juin 2017 (AFP) – Trois syndicats du Groupe PSA (Peugeot-Citroën) ont interpellé vendredi le constructeur automobile sur le « climat social très dégradé » au sein de l’entreprise, en dénonçant pêle-mêle une « mise en concurrence exacerbée » entre sites et l’obsession de la « performance ».

Dans une lettre ouverte au DRH Xavier Chéreau, les organisations CFE-CGC, CFTC et GSEA (cumulant 43,5% des voix) disent avoir « alerté » la direction à plusieurs reprises « sur l’état du climat social très dégradé ».

La « recherche de performance sans limite (…) déséquilibre grandement » l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, dans un contexte de « mise en concurrence exacerbée de l’ensemble des établissements » en France et à l’étranger, disent-elles.

« Aucun site, industriel, R&D ou tertiaire, aucune catégorie sociale n’est épargnée », d’après la lettre. « Ce ne sont plus des efforts qui sont demandés aux salariés mais des sacrifices », est-il écrit.

Les trois syndicats, signataires de l’accord social 2017-2019 et adeptes revendiqués de la « co-construction » chère à PSA, « mettent en garde » la direction sur un potentiel mouvement social, assurant que « les limites sont maintenant dépassées ».

Dans un tract commun, ils citent notamment la « gestion à la dernière minute » occasionnant « des à-coups importants dans l’organisation du travail », des « départs non remplacés occasionnant des surcharges de travail » ou encore un « harcèlement pour pousser à l’extérieur » les salariés éligibles aux mesures de départ volontaire.

Sollicité par l’AFP, Xavier Chéreau indique avoir « prévu de poursuivre le dialogue » avec les syndicats lors d’un « rendez-vous fixé d’ici la fin du mois de juin », promettant d’apporter « des réponses concrètes » à cette occasion.

Selon lui, « les équipes sont mobilisées pour répondre au succès des véhicules lancés récemment » dans le cadre du plan stratégique « Push to Pass ». « Ce succès est une source de satisfaction, positif pour la performance de l’entreprise et qui protège l’intérêt des salariés », développe-t-il.

Un bref rassemblement s’est par ailleurs tenu vendredi matin devant le site de recherche de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), promis à la fermeture. Environ 80 personnes ont répondu à l’appel de la CGT et de la CFDT, selon la police.

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