Belfort: Le Maire demande à GE de revoir la copie de son plan social

BELFORT, 3 juin 2019 (AFP) – Accueilli sous les huées à Belfort, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a exhorté lundi General Electric à améliorer son plan social qui prévoit la suppression de 1.050 emplois, estimant que l’avenir du site pourrait passer par l’aéronautique.

« Le plan social en l’état ne va pas. 1.050 emplois supprimés, c’est trop et je pense que GE peut et doit faire mieux », a déclaré Bruno Le Maire devant les représentants syndicaux de GE. « C’est une condition préalable pour que les choses s’apaisent sur le site », a-t-il relevé.

« Je ne sais pas de combien nous pourrons descendre -je ne vais pas prendre d’engagement chiffré- mais je pense qu’il est important que GE revoie sa copie », a insisté le ministre.

Celui-ci était arrivé vers 15H30 sur le site industriel sous les huées et les sifflets de 700 à 900 personnes (selon la police) réunies quelques instants auparavant pour une assemblée générale convoquée par les syndicats.

Bruno Le Maire a été particulièrement conspué par une vingtaine de « gilets jaunes » qui s’étaient placés au premier rang des manifestants.

Sur les pancates, cet appel, « sauvegardons notre savoir-faire », et sur une grande banderole de la CGT, cet autre appel : « filière industrielle énergie, pour son développement à Belfort ».

« Pour défendre les salariés, pour défendre les retraités, pour défendre les +gilets jaunes+, on est là, même si Macron le veut pas », ont également scandé des manifestants.

M. Le Maire s’est engouffré ensuite dans un bâtiment voisin où il s’est entretenu avec les représentants des salariés de General Electric et les élus locaux sur « l’avenir industriel du site ».

« Je suis là pour que nous construisions ensemble l’avenir industriel du site de GE et l’avenir industriel de Belfort de manière plus générale », a insisté le ministre devant les représentants syndicaux.

Il entend « regarder comment nous pouvons investir à nouveau sur le site, en particulier dans l’activité aéronautique », présentée comme la piste de diversification la plus « prometteuse ».

– « Ouvrir de vraies pespectives » –

« Pour chaque euro d’argent privé qui sera mis dans l’activité aéronautique, je suis prêt à mettre un euro d’argent public pour ouvrir de vraies perspectives de transformation industrielle sur les activités qui paraissent porteuses », a annoncé le ministre.

GE emploie quelque 4.300 salariés à Belfort, dont 1.900 dans l’entité qui fabrique des turbines à gaz, activité frappée par 800 des 1.050 suppressions d’emplois actuellement prévues par l’industriel américain.

« Aujourd’hui, nous sommes là pour une chose: stopper ce plan massif de délocalisations hors de Belfort! », a lancé le délégué CFE-CGC, Philippe Petitcolin, lors de l’AG.

« Le gouvernement est le seul à pouvoir nous aider, le seul à pouvoir négocier avec les patrons de General Electric américains », a souligné le syndicaliste, selon lequel « supprimer 800 emplois, c’est supprimer le business gaz » de GE.

La semaine dernière, l’annonce par le groupe américain de son plan social qui prévoit précisément 792 suppressions de postes dans l’entité belfortaine qui produit des turbines à gaz et 252 dans celles dédiées aux « fonctions supports », avait secoué la Cité du Lion.

« Je veux être clair, Belfort ne fermera pas. Il restera le premier site industriel de GE Power en Europe. Nous y avons des compétences d’excellence », a tenté de rassurer le directeur général de General Electric France, Hugh Bailey, dans une interview au Journal du Dimanche.

« Autant j’ai l’impression que le gouvernement, par le biais de Bruno Le Maire, essaie de faire avancer les choses, autant je suis très inquiet des déclarations de M. Bailey, qui frisent la provocation », a réagi le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot.

Jeudi dernier, le PDG de General Electric (GE) Larry Culp avait expliqué à New York que la suppression prochaine de plus d’un millier d’emplois en France faisait partie de la volonté du groupe de réduire ses coûts pour s’aligner sur la demande dans l’énergie.

Il avait une nouvelle fois critiqué la décision d’un de ses prédécesseurs de racheter le pôle Energie du fleuron français Alstom, une acquisition dont le calendrier tombait mal, selon lui, et qui a grossi les capacités de GE au mauvais moment.

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