Belfort: les « Alsthommes » entre soulagement et méfiance

BELFORT, 4 octobre 2016 (AFP) – Les salariés d’Alstom Belfort se disaient mardi « soulagés » après l’annonce du gouvernement d’une cascade de commandes et d’investissements pour le site belfortain, tout en restant méfiants quant à l’avenir à long terme de leur usine, a constaté une journaliste de l’AFP.

« L’avenir est assuré sur le site de Belfort pour les quatre années à venir », a déclaré Olivier Kohler, délégué CFDT, devant près de 300 salariés rassemblés mardi à 15H00 dans la cour de l’usine pour écouter les explications de leurs délégués syndicaux.

« Mais pour le long terme, il n’y a rien de gagné, il faut qu’on reste vigilants et prudents pour que la direction tienne ses engagements », a-t-il souligné.

Dans la cour de l’usine, bras levés, les « Alsthommes » en veste de travail grise et rouge siglée Alstom ont entamé une « ola » victorieuse pour saluer l’abandon du projet de la direction du groupe de transférer l’activité du site de Belfort à Reichshoffen, en Alsace.

« Nous sommes des lions! », a lancé un salarié souriant, en clin d’oeil à l’emblème de la ville, le Lion de Belfort, monumentale sculpture de Bartholdi.

Le gouvernement a annoncé mardi matin à Belfort de nouvelles commandes de TGV et de locomotives diesel pour maintenir l’activité de l’usine de Belfort, où Alstom s’est pour sa part engagé à investir 40 millions d’euros en trois étapes d’ici à 2020.

Quelques 300 des 480 salariés du site qui a vu naître le TGV dans les années 70 se sont réunis dans la matinée devant l’usine, avant de rejoindre la préfecture où se tenait une « réunion de travail » entre le secrétaire d’État à l’Industrie, le PDG du groupe, les élus locaux et les représentants syndicaux.

Éprouvés pendant un mois par la menace de quasi-fermeture de leur usine, les salariés de Belfort ont franchi mardi les portes de l’usine les traits tirés, mais plus apaisés que durant les semaines écoulées.

« Hier on était tous virés, aujourd’hui on reste à Belfort, on a gagné, mais j’espère que ça va durer », s’est réjoui Hervé Demoulin, 48 ans, dont 32 ans chez Alstom.

Son collègue Patrick Fendeleur, 49 ans, a renchéri : « on est très contents, on a conservé notre savoir-faire et on espère que le TGV restera en France et à Alstom ».

« Je suis soulagé pour quatre ans, mais j’ai une petite appréhension pour la suite », a toutefois confié ce technicien qualité : « Le PDG n’a pas pu faire ce qu’il voulait (fermer le site), ça risque d’être repoussé à plus tard ».

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