Belfort: les syndicats assignent General Electric en justice

BELFORT, 20 juin 2019 (AFP) – L’intersyndicale du site General Electric (GE) de Belfort, menacé par des centaines de suppressions de postes, a assigné l’entreprise en justice au motif que GE n’a pas cherché de pistes de diversification avant de lancer le plan social, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

L’audience, qui se tiendra dans le cadre d’une procédure de référé d’heure à heure, aura lieu jeudi 27 juin à 14H00 au tribunal de grande instance de Belfort, a-t-on appris auprès de la juridiction.

Selon Evelyn Bledniak, l’avocate de l’intersyndicale CFE-CGC, Sud et CGT, la procédure est motivée par le fait que GE, contrairement à ce qu’elle avait promis, n’a pas réellement recherché des pistes de diversification pour le site de Belfort avant d’annoncer son plan social, qui prévoit notamment la suppression de 800 des 1.900 salariés de l’entité turbines à gaz installée dans la cité du Lion.

« Si le travail avait été fait de manière loyale et complète, on aurait peut-être pas autant de licenciements », a déclaré l’avocate à l’AFP. « La question de la diversification est un préalable – et c’est un engagement dans le cadre des orientations stratégiques – au plan social », a-t-elle ajouté.

Dans le référé, l’avocate demande la suspension de la procédure d’information-consultation et demande que l’on aille au bout du travail sur la diversification. Elle demande également au juge « de faire adjonction à GE de se comporter de manière loyale ».

Puisque l’audience est fixée à jeudi prochain, l’avocate appelle également à reporter la première réunion d’information-consultation, programmée vendredi. « Un minimum de fair play de GE voudrait que l’on attende la décision de la justice », a estimé Me Bledniak.

Mercredi, le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, hostile au plan social, a annoncé qu’il refusait de louer à GE une salle pour la tenue de cette réunion.

GE emploie quelque 4.300 salariés à Belfort, dont 1.900 dans l’entité qui fabrique des turbines à gaz. L’industriel américain envisage 1.050 suppressions d’emplois en France.

L’annonce du plan de suppressions de postes, le 28 mai, a créé un électrochoc dans la région de Belfort, où un rassemblement est prévu samedi. Plusieurs milliers de personnes y sont annoncées, parmi lesquelles le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Lundi, plusieurs centaines de salariés de GE avaient empêché la tenue de la première réunion d’information sur le plan social, qui devait se tenir sur le site industriel.

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