Belgique: des dizaines de milliers de manifestants à Bruxelles contre les mesures d’économie du gouvernement

BRUXELLES, 29 septembre 2016 (AFP) – Quelque 45.000 personnes selon la police, 70.000 selon les syndicats, ont manifesté jeudi à Bruxelles pour protester contre les mesures d’économie du gouvernement belge, dirigé par le libéral francophone Charles Michel.

Le cortège a traversé le centre de la capitale belge, de la gare du Nord à celle du Midi, sans incident majeur. La police a toutefois fait état de graffitis tagués sur la façade du Parti socialiste francophone (PS), pourtant dans l’opposition, et du bris d’une vitre d’un bureau de poste.

Il s’agissait de la quatrième manifestation nationale inter-professionnelle depuis l’arrivée au pouvoir, il y a deux ans, de la coalition de quatre partis de droite – trois néerlandophones (dont le parti nationaliste flamand N-VA) et un francophone, la formation libérale Mouvement réformateur (MR) du Premier ministre Charles Michel.

La dernière grande manifestation nationale le 24 mai dernier avait rassemblé environ 60.000 personnes. Elle avait été perturbée en fin d’après-midi par des casseurs.

En raison de la participation des personnels des transports en commun à la manifestation, ceux-ci devraient rester perturbés jusqu’en fin de soirée à Bruxelles et dans les provinces. Plusieurs services de l’administration et de l’enseignement ont également aussi été affectés.

Les syndicats FGTB (de tendance socialiste), CSC (chrétiens) et CGSLB (de tendance libérale) dressent un bilan particulièrement négatif: « Factures plus élevées, protection sociale réduite, travailler plus et plus longtemps pour moins et de manière toujours plus flexible. Distribution de cadeaux aux grosses fortunes et aux entreprises ».

Particulièrement dans le collimateur des syndicats parmi ces réformes d’inspiration libérale: la législation sur le travail.

« Ce gouvernement est le plus antisocial des ces 30 dernières années », a dénoncé le président de la FGTB, Rudy De Leeuw, lors d’une prise de parole au départ de la manifestation.

Dès son arrivée au pouvoir, en octobre 2014, le gouvernement Michel avait hérissé les partenaires sociaux avec des mesures comme le gel temporaire des salaires ou le report de 65 à 67 de l’âge de la retraite à l’horizon 2030, contre lesquelles les syndicats ont organisé une série d’actions et de manifestations. En revanche, le mot d’ordre de grève générale prévue le 7 octobre a été levé.

La Belgique, où règne depuis des décennies une tradition de compromis entre les représentants du patronat et des salariés, connaît un durcissement du dialogue social depuis l’entrée en fonction de la coalition dirigée par M. Michel.

S’exprimant jeudi devant la Chambre des députés, le chef du gouvernement a assuré qu’il faisait preuve d’une « grande ouverture aux partenaires sociaux », tout en soulignant la nécessité de mettre en oeuvre des réformes qui doivent faire de la Belgique un « pays moderne ».